Le gouvernement plaide la prudence

Burkina-Faso: Débat pour l’abolition de la peine de mort et de la polygamie

Ouagadougou, 17 avril 2009 (Apic) Un débat autour de l’abolition de la peine de mort et de l’interdiction de la polygamie agite le Burkina-Faso.

Ces deux revendications sont portées par des organisations locales de défense des droits de l’homme. Elles font parties des points qui figurent dans le rapport examiné le 19 mars dernier à Genève, par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le gouvernement appelle à la prudence.

La lutte pour la suppression de la peine de mort et l’interdiction à un homme d’épouser plusieurs femmes n’est certes pas nouvelle au Burkina-Faso. La campagne pour l’abolition de la peine de mort est menée depuis 1994 par le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP). En revanche, les opposants à la levée de la peine capitale estiment que cela pourrait conduire à plus d’exécutions extra-judiciaires, les populations pouvant se faire justice elles-mêmes.

Quant au combat pour l’interdiction de la polygamie, il a été lancé en 2005 par le même MBDHP, à la suite d’une évaluation sur la situation des femmes dans le pays, contenue dans son rapport «alternatif» présenté à la 33e session du Comité sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, tenue au siège de l’Onu à New-York, du 5 au 22 juillet 2005. Ce rapport cité entre autres violations des droits de la femme au Burkina-Faso, le mariage précoce et forcé de la fille, l’héritage, sous contrainte, d’épouses d’un parent décédé, l’exclusion sociale des femmes âgées. Pour les partisans du maintien de la polygamie, cette pratique «est un moyen d’éviter l’infidélité».

La peine de mort a été appliquée deux fois au cours des 37 dernières années, dont la dernière en 1988. Le Burkina Faso a ratifié le Pacte international sur les droits civils et politiques. Pour ce qui est du droit de la femme, il est marqué par un cadre juridique de plusieurs textes législatifs et réglementaires au sein desquels, les citoyens en général et les femmes en particulier peuvent exercer leurs droits à égalité avec les hommes dans les domaines des droits civils, politiques, économiques et socioculturels. (apic/ibc/pr)

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