Cameroun: L’archidiocèse de Bamenda crée une unité de protection et de réhabilitation
Yaoundé, 19 avril 2009 (Apic) L’Eglise catholique au Cameroun vient de constituer, au sein de l’archidiocèse de Bamenda (nord-ouest), une unité de protection et de réhabilitation des enfants victimes de la traite, a rapporté le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA). Elle vise à protéger cette couche sensible de la société contre la pratique du trafic des enfants, très développé dans les pays du golfe de Guinée (Togo, Bénin, Cameroun, Nigeria).
Pour le vicaire Général de l’archidiocèse de Bamenda, Mgr Engelbert Kofon, «la traite des êtres humains est un crime terrible, surtout s’il s’agit des enfants et des femmes qui sont des cibles de la violence».
Selon la coordonnatrice de la Commission justice et paix de l’archidiocèse de Bamenda, Laura Naddin Ngwa, la traite des enfants est liée à l’esclavage. «Dans un passé récent, plus de 50 victimes ont été identifiées dans les enclaves de Boyo, Bui et de la Donga Mantung (de l province de Bamenda) qui sont les principaux fournisseurs d’enfants esclaves à des trafiquants, à cause de la pauvreté de leurs parents», a déploré Ngwa Laura Naddin Ngwa.
«La traite des êtres humains est contraire aux valeurs évangéliques et de la Commission Justice et Paix a publié une carte rouge pour les auteurs», a-t-elle poursuivi.
Parmi les stratégies de lutte contre la traite des enfants dans l’archidiocèse de Bamenda, il y a des campagnes de prévention, de protection et de création de milices, ainsi que de réintégration sociale des adolescents victimes de trafic. Ces plans se feront par le biais de conseils et de soutien aux victimes et aux survivants. La commission se déplacera également à travers la province pour plaider auprès des autorités locales, la réactivation de la peine d’emprisonnement pour les trafiquants, y compris pour les parents qui vendent leurs enfants.
«Le trafic des enfants est aussi une forme de violence», a ajouté la coordonnatrice, tout en estimant que les parents doivent faire plutôt preuve d’amour envers leurs enfants au lieu de les vendre à des fins d’exploitation. Elle a mis en garde la population contre «les promesses de l’or ou de parrainage à l’étranger», indiquant que ces promesses aboutissent souvent à la prostitution des enfants. (apic/ibc/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse