Mgr Silvano Tomasi: « tentation toujours latente de l’eugénisme »
Rome, 23 avril 2009 (Apic) Le Saint-Siège, par la voix de son Observateur permanent auprès des Nations Unies à Genève, s’est félicité du « pas en avant dans le combat contre le racisme » accompli lors de la Conférence de l’ONU sur le racisme, du 20 au 24 avril. Cette avancée s’est faite en dépit des « positions politiques extrêmes et offensantes » qui ont pu y être émises.
Dans une intervention prononcée dans la soirée du 22 avril à Genève lors de la conférence dite de ’Durban II’, Mgr Silvano Tomasi a en outre mis en garde contre « la tentation toujours latente de l’eugénisme » qui pourrait conduire à la création d’une « sous-catégorie d’êtres humains ».
« Le travail de cette conférence a fait un pas en avant dans le combat contre le racisme », s’est ainsi félicité Mgr Tomasi, souhaitant que la plupart des pays puissent « unir leurs efforts pour un résultat qui réponde à la nécessité d’éliminer les anciennes et les nouvelles manifestations de racisme ».
Mgr Tomasi a cependant regretté que cette conférence ait malheureusement été utilisée pour émettre des positions politiques extrêmes et offensantes que le Saint-Siège déplore et rejette. Ces positions « ne contribuent pas au dialogue, elles provoquent des conflits inacceptables et ne peuvent être d’aucune façon approuvées ou partagées », a déploré le représentant du Saint-Siège. Il faisait référence à l’intervention du président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui avait lancé une attaque contre Israël au premier jour de la conférence dite de ’Durban II’.
Mise en garde contre les risques liés à la recherche génétique
En outre, en matière de discrimination, Mgr Tomasi a affirmé que le Saint-Siège était « effrayé par la tentation toujours latente de l’eugénisme, qui peut être alimentée par des techniques de procréation artificielle et l’utilisation d’’embryons surnuméraires’ ».
En effet, « la possibilité de choisir la couleur des yeux ou d’autres caractéristiques physiques d’un enfant pourrait conduire à la création d’une ’sous-catégorie d’êtres humains’ ou à l’élimination d’êtres humains qui ne satisfont pas les caractéristiques prédéterminées par une société donnée », a prévenu l’Observateur permanent auprès des Nations Unies à Genève.
Dans sa mise en garde contre les risques liés à la recherche génétique, le 21 février 2009, devant les participants au congrès scientifique international organisé par l’Académie pontificale pour la vie, Benoît XVI avait déjà estimé que « toute discrimination exercée (…) sur la base de différences dues à des facteurs génétiques réels ou présumés » était un « attentat contre l’humanité tout entière ». (apic/imedia/cp/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse