Genève: L’Alliance évangélique suisse dénonce la conférence contre le racisme
Genève, 24 avril 2009 (Apic) L’Alliance évangélique suisse (AES) se dit «consternée par le déroulement de la conférence contre le racisme et par le silence observé par la délégation suisse». «Aucun Etat si ce n’est le Vatican ne parle de l’antisémitisme et de la persécution des chrétiens qui a pourtant lieu dans de nombreux pays musulmans», dénonce-t-elle.
L’AES, qui affirme regrouper environ 550 Eglises évangéliques et paroisses réformées, ainsi que 150 organisations chrétiennes, invite la délégation suisse à prendre position et à ne pas accepter le document final. «Alors que des pays, surtout musulmans, s’unissent pour condamner Israël et l’accuser sans cesse de violation des droits de l’homme, alors qu’ils dénoncent une discrimination de l’islam, aucun Etat si ce n’est le Vatican ne parle de l’antisémitisme et de la persécution des chrétiens qui a pourtant lieu dans de nombreux pays musulmans», s’indigne l’Alliance évangélique dans un communiqué diffusé le 24 avril.
Tout n’est pas rentré dans l’ordre après les turbulences
«Il faut absolument corriger, selon elle, l’impression erronée que tout est rentré dans l’ordre à la conférence contre le racisme après les turbulences de lundi». L’AES demande à la délégation suisse de «sortir de son silence». «Les pays islamiques continuent à montrer Israël du doigt (et lui seul !) et ils l’ont déjà condamné durant les deux premiers jours lors de 16 allocutions. Ne cessant de redire que l’islam est discriminé, ces mêmes Etats détournent l’attention des graves persécutions que doivent subir dans leur pays ceux qui ont une foi autre que la leur», déplorent les évangéliques suisses. «Le ministre des affaires étrangères pakistanais a affirmé qu’il y aurait bientôt 1,5 milliards de musulmans discriminés. Au Pakistan cependant, ce ne sont pas les musulmans mais bien les chrétiens qui souffrent depuis des années d’exclusion et de discrimination, et qui sont traités comme des personnes de deuxième classe». L’AES relève que «les représentants du Qatar, de la Syrie ou de l’Indonésie utilisent le même argument. L’Algérie, le Bahreïn, le Yémen ou le Koweït, Cuba et même le Bangladesh votent contre Israël. La question des droits de l’homme dans des Etats comme la Corée du Nord, le Soudan, l’Arabie Saoudite ou le Pakistan semble ne pas être à l’ordre du jour».
S’opposer aux tentatives d’occulter toute critique de l’islam
«Il faut s’opposer avec fermeté aux tentatives d’occulter toute critique de l’islam par l’utilisation de formules telles que ’calomnie de la religion’ ou ’intolérance à l’égard des religions’. La déclaration des droits de l’homme ne doit pas protéger les religions, mais les personnes», déclare Norbert Valley, co-président de l’AES. «Dans certains pays, l’engagement chrétien n’est pas toléré! Celui qui passe de l’islam au christianisme risque des sanctions dures qui peuvent aller jusqu’à la peine de mort».
L’AES attend de la Suisse officielle qu’elle «cesse de se taire et qu’elle dénonce résolument les nations qui portent atteinte aux droits de l’homme, en particulier celles où les chrétiens sont poursuivis et discriminés à cause de leur foi». «Après que six Etats se soient plaints d’islamophobie, où se trouve la voix qui s’élèvera contre l’antisémitisme et la ’christianophobie’?», conclut-elle dans son appel. (apic/com/bb)
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