Objectif: atténuer les tensions religieuses dans le pays

Malaisie: Plus de conversions d’enfants à l’islam sans l’accord des deux parents

Kuala Lumpur, 27 avril 2009 (Apic) Le nouveau Premier ministre de Malaisie Najib Razak a pris une importante mesure dans le but d’atténuer les tensions entre les diverses communautés dans ce pays à majorité musulmane. Ainsi les conversions d’enfants à l’islam sans l’accord des deux parents sont désormais interdites.

A l’avenir, les enfants devront être éduqués dans la religion à laquelle appartenaient les parents lors de leur mariage.

La Malaisie exige désormais que les deux parents soient d’accord en cas de conversion de leurs enfants. Cette décision faite suite à une série de cas litigieux où l’un des parents converti à l’islam a changé la religion des enfants sans le consentement du conjoint resté non musulman. En matière familiale, la Malaisie a un double système de tribunaux, séculiers et selon les règles de la charia, le système juridique musulman.

Les non-musulmans sont près de 40% en Malaisie. Ils se sont souvent plaints de discriminations, affirmant que les tribunaux islamiques tendent à s’imposer aux minorités en cas de conflits familiaux. D’un autre côté, les tribunaux laïcs appelés à juger de telles disputes affirment qu’ils n’ont pas la juridiction sur de tels cas. Le ministre de la Justice Nazri Abdul Aziz a déclaré à la presse que le gouvernement avait décidé qu’en cas de séparation, les enfants du couple devraient être éduqués dans la religion qu’avaient les parents au temps de leur mariage ou dans la religion qu’ils ont décidée ensemble pour leurs enfants.

Pour le ministre Nazri Abdul Aziz, la religion ne devrait pas être utilisée comme un instrument par l’un des parents pour échapper à ses responsabilités d’époux ou d’épouse. Il a également déclaré que les tribunaux civils étaient la place juste pour dissoudre un mariage au cas où l’un des époux se convertit à l’islam. Cette mise au point intervient quelques jours après une affaire qui a fait grand bruit dans le pays concernant une femme hindoue qui n’accepte pas la conversion à l’islam de ses trois enfants, décidée par son mari devenu musulman alors qu’il s’était séparé d’elle. Un tribunal islamique a confié le droit de garde des enfants au père, alors que le couple n’est pas encore divorcé selon le droit civil.

Les tensions dans le pays proviennent du fait que l’intégrisme islamique est en forte croissance en Malaisie, mais également de l’ambiguïté de son système législatif. Ce dernier est laïc dans la Constitution, mais est influencé par les appartenances religieuses et islamiques au niveau du législatif. Selon les chiffres gouvernementaux de 2008, les musulmans forment 60 % de la population, les bouddhistes, 19 %, les chrétiens 9 % et les hindous 6 %. (apic/bbc/kna/be)

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