353 prêtres catholiques signent un message de soutien

Argentine: Menaces de mort contre les prêtres qui luttent contre la drogue à Buenos Aires

Buenos Aires, 29 avril 2009 (Apic) 353 prêtres catholiques ont signé un message de soutien à deux prêtres de la capitale argentine menacés de mort par des narcotrafiquants. Ces menaces ont été adressées notamment au Père José Maria di Paola, connu comme le «Padre Pepe», qui travaille avec des drogués dans certains des quartiers les plus pauvres de Buenos Aires.

«Padre Pepe» a reçu des menaces de mort suite à la récente publication d’un document dans laquelle les prêtres et religieux engagés dans la Pastorale des cités d’urgence dénonçaient que la drogue «reste de fait dépénalisée» dans les quartiers pauvres et marginalisés de la capitale argentine, où la situation est qualifiée de «catastrophique». Selon l’Eglise locale, la jeunesse y est de plus en plus aux prises avec l’alcool, la marijuana et les drogues chimiques. Dans une prise de position diffusée début avril, elle affirmait que la vente et la consommation de drogue ne sont plus punies, du fait que la police ne poursuit plus la mafia de la drogue. Selon ce rapport, des drogues dures, comme le «paco» (*) – une sorte de crack – sont vendues au grand jour, souvent près des écoles.

Suite à cette prise de position, deux prêtres ont reçu des menaces de mort. Le Père José Maria di Paola, «Padre Pepe», curé de l’église de Notre-Dame de Caacupé, a été victime lundi soir dernier de menaces de type mafieuse quand il circulait à bicyclette dans le quartier populaire de Barracas, où il mène son travail pastoral parmi les 40’000 habitants de ce quartier-bidonville. Un inconnu l’a appelé par son nom, lui disant à deux reprises qu’il allait être assassiné une fois que la télévision ne parlerait plus du document des prêtres sur la drogue.

Plus de 50’000 drogués dans le grand Buenos Aires

«Padre Pepe» affirme qu’il est visé pour son travail de prévention de la drogue dans ce quartier, notamment pour sa dénonciation du «fléau du paco». «Cette drogue est tombée sur nous comme un tsunami. Le gros trafic de drogue a commencé en 2001 quand l’économie argentine s’est effondrée et que nous avons été incapables d’y faire face», affirme le prêtre de 46 ans. Notons qu’une dose de paco coûte environ 1,5 dollar et de nombreux jeunes, voire des enfants d’une dizaine d’années, en sont devenus dépendants. Il y a deux ans, les statistiques du gouvernement parlaient de 27’000 drogués dans le grand Buenos Aires, mais une récente recherche considère qu’il y en a maintenant le double.

«Ce n’était pas une simple menace. C’était une menace de mort, cela me donne à penser que c’est un message mafieux», a-t-il affirmé au lendemain de cet «avertissement». S’il avoue avoir peur, le Père di Paola dit ne pas vouloir quitter la paroisse de Notre Dame de Caacupé, «car c’est mon quartier et ces gens sont ma famille». Il a déposé plainte au commissariat de la zone. Suite à ces menaces, l’Eglise de Buenos Aires a reçu de nombreux appels et messages de soutien d’individus ou d’institutions comme la Caritas de la capitale argentine. JB

(*) Le paco est de la pâte de cocaïne récupérée dans le fond des récipients qui ont servi à la préparation de la cocaïne. Le paco est considéré comme la drogue la plus destructrice en Argentine et touche déjà des enfants d’une dizaine d’années. Cette drogue dangereuse laisse sans réponse les gens qui travaillent dans ce domaine, car le paco détruit en peu de mois. (apic/bbc/aica/be)

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