Très belle reconnaissance à un homme de foi

Fribourg: Avant-première d’un documentaire consacré au cardinal Charles Journet

Fribourg, 5 mai 2009 (Apic) «Le cardinal funambule». Un titre significatif de la riche personnalité d’un prélat humble, Jean-Yves Fischbach, réalisateur français,a présenté, le 4 mai 2009 à l’aula du Collège Saint-Michel le film qu’il a produit sur une des autorités religieuses les plus riches du 20ème siècle: le cardinal Charles Journet.

En présence du cardinal Georges Cottier, de Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, et de nombreuses personnalités, le réalisateur français Jean-Yves Fischbach a présenté son documentaire sur la vie et l’oeuvre du cardinal Journet (1891-1975).

Intitulé «Le cardinal funambule», le film réunit de nombreux documents trouvés, entre autres, dans les archives de la Télévision suisse romande. Il relate l’itinéraire d’un homme simple, humble, qui était préoccupé par la question de la présence du mal dans le monde. De nombreux Fribourgeois se souviennent encore de sa silhouette maigre, de son pas rapide et de sa manière de raser les murs. Nombreux sont aussi ceux qui se souviennent de son départ vers la vie éternelle et de son ensevelissement à la Chartreuse de la Valsainte, dans le plus simple anonymat.

Durant 52 minutes, le spectateur peut faire la découverte de ce théologien qui a marqué de nombreuses personnalités. On voit en effet dans le film les témoignages de ses disciples, qui sont souvent devenus ses amis: le cardinal Georges Cottier, Mgr Pierre Mamie, qui fut le secrétaire du cardinal lors du Concile Vatican II, Mgr Bernard Genoud qui, comme il le dit lui-même, est «entré en philosophie avec Maritain et en théologie avec Journet».

Mgr Journet – que tout le monde appelait, même après son élévation au cardinalat – Monsieur Journet – a posé durant la Seconde Guerre Mondiale, avec son ami, le philosophe français Jacques Maritain les jalons d’une réflexion sur l’Eglise et sa place dans le monde. «L’Eglise du Verbe incarné», titre de son grand oeuvre, intègre aux démarches spéculatives les apports des grands auteurs spirituels.

Il a ainsi donné une vision de l’Eglise permettant d’en saisir, au-delà de son apparence visible, l’essence invisible en chacun de ses membres. Il a en particulier insisté sur le fait que l’Eglise, composée de pécheurs, est elle-même sans péché en tant qu’elle est le Corps mystique du Christ.

Fondateur en 1926 de la Revue «Nova et Vetera», le cardinal a aussi laissé une oeuvre dans le domaine de la réflexion politique. Ses «Exigences chrétiennes en politique» restent actuelles.

«Devenir pauvre, pour être riche de Dieu»

A la fin de la projection, le réalisateur a répondu aux questions du public. Se déclarant issu d’un milieu athée, il a découvert, avec Maritain et Journet, des éléments l’amenant à la foi. Guy Boissard, auteur d’une biographie du prélat, a apporté son témoignage sur la richesse du personnage, pour qui le sens de la vie consiste à «devenir pauvre pour devenir riche de Dieu».

Mgr Cottier a dit sa dette à l’égard de celui qui fut son professeur: «J’ai perçu ce que signifiait la transcendance de Dieu, l’amour de l’Eglise. Journet nous a appris le mystère de l’Eglise, sa sainteté.» Pour Mgr Bernard Genoud, c’est avant tout l’universalité du discours du cardinal qui prime: le bien commun de toute l’humanité est ce que vise l’Eglise.

Une phrase peut résumer l’ensemble de la vie et de la pensée du cardinal Journet: «Jésus est le seul trésor désirable». (apic/js)

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