Gaza: Rapport de l’ONU accablant pour Israël
Gaza, 5 mai 2009 (Apic) Des indiscrétions diffusées par la presse israélienne évoquent un rapport interne de l’Onu, qui accuse Tel-Aviv d’avoir attaqué intentionnellement les édifices de l’Unwra (l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) dans la bande de Gaza. Cela lors de l’opération militaire menée entre décembre et janvier dernier.
Le rapport ainsi que les considérations du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, devraient être remis mardi au Conseil de sécurité, indique l’Agence Misna.
Le ministre des Affaires étrangères de Tel-Aviv, Avigdor Lieberman (en visite officielle depuis hier à Rome, avant de partir pour Berlin et Paris), soutient pour sa part «que les résultats d’une enquête interne israélienne», conclue il y a deux semaines, «prouvent sans l’ombre d’un doute que l’armée n’a pas tiré intentionnellement sur les édifices de l’Onu».
En trois semaines d’opération militaire contre la bande de Gaza, les soldats israéliens ont tué plus de 1’400 personnes, pour la plupart des civils, dont un tiers de femmes et d’enfants. Dans certains cas, des écoles gérées par l’Onu ont été lourdement endommagées ainsi que des hôpitaux, où des dizaines de familles avaient trouvé refuge.
Même si l’agression israélienne contre Gaza s’est officiellement achevée depuis presque quatre mois, les conditions de vie sur le terrain sont encore fort difficiles pour les palestiniens: les militaires israéliens utilisent les autorisations médicales comme une «arme de chantage» à l’égard des malades, soumis à des interrogatoires et des vexations au point de passage d’Eretz, où ils se présentent pour sortir du territoire de la bande de Gaza afin d’aller se faire soigner ailleurs.
C’est ce que dénoncent les volontaires de l’organisation humanitaire Physicians for human rights, d’après qui «la pratique des soldats israéliens de demander des informations aux palestiniens en échange de l’autorisation de sortie de Gaza est toujours plus diffuse».
Selon l’organisation, le Shin Beit, les services de la sécurité israéliens, «a interrogé des mineurs, photographié des malades contre leur volonté, intimidé et commis des abus sur des patients» durant les interrogatoires au point de passage, refoulant «ceux qui refusaient de collaborer».
Entre temps, à Madrid, le juge Fernando Andreu a décidé de poursuivre les enquêtes pour «crimes de guerre» présumés commis par les actuels ministres israéliens Benyamin Ben Eliezer et Avi Dichter ainsi que cinq officiers des Forces armées, même si le 2 avril dernier le parquet de l’Audiencia Nacional (le plus haut tribunal espagnol) s’était prononcé pour un non-lieu.
Selon Andreu, Israël n’a mené aucune investigation sur ces faits, qui remontent à juillet 2002, lorsque dans le bombardement d’un édifice à Gaza City, où se trouvait un commandant de Hamas, les militaires israéliens tuèrent 14 civils. (apic/misna/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/gaza-rapport-de-l-onu-accablant-pour-israel/