L’aspect politique de ce voyage ne peut être ignoré
Jérusalem, 7 mai 2009 (Apic) A Jérusalem, un évêque luthérien exhorte le pape à rejeter «l’occupation et la violence». Même si le Vatican insiste pour dire que la visite en Terre sainte du pape Benoît XVI est un pèlerinage, l’évêque luthérien pour Jérusalem Munib Younan estime que l’aspect politique de ce voyage ne peut être ignoré.
«Le pape vient en tant que pèlerin pour raviver la foi en Jésus Christ de ceux qui vivent en Terre sainte, et pour suivre les pas de Jésus … Les chrétiens palestiniens en attendent bien plus qu’on ne le pense», a déclaré l’évêque Younan, lors d’un colloque sur le dialogue interreligieux en Israël et en Palestine.
«Il s’agit d’une crise qui menace les chrétiens qui vivent ici et qui exerce une pression sur beaucoup de gens à Jérusalem pour qu’ils émigrent», a affirmé l’évêque Younan, à la tête de l’Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte. «Nous souhaitons que Sa Sainteté s’exprime contre l’occupation, la violence, les colonies israéliennes et toutes les autres violations des droits de la personne».
Le pape Benoît XVI se rend en Jordanie, en Israël et dans les territoires palestiniens du 8 au 15 mai, dans le cadre de ce pèlerinage.
Le colloque de Jérusalem durant lequel s’est exprimé l’évêque luthérien était soutenu par le Conseil de coordination interreligieuse en Israël et Mercy Corps, une agence de développement et d’entraide non gouvernementale.
Les chrétiens palestiniens affirment qu’au nombre des questions qu’ils souhaitent que le pape soulève, figure celle des regroupements familiaux. En effet, lorsqu’un Palestinien de Cisjordanie est marié à une Palestinienne de Jérusalem-Est – détentrice d’une carte d’identité israélienne – le couple ne peut pas vivre au même endroit.
L’évêque Younan souhaite par ailleurs que le pape apporte de nouveau son soutien à une solution à deux Etats, où un Etat indépendant palestinien existerait aux cotés d’Israël – et qu’il affirme que Jérusalem doit être partagé entre juifs, chrétiens et musulmans, entre Israéliens et Palestiniens.
Le recteur du séminaire latin de Beit Jalla, le Père William Shomali, a pour sa part estimé lors du colloque de Jérusalem que la religion doit jouer un rôle important dans la résolution du conflit, puisque celui-ci revêt un caractère religieux. «Nous ne pouvons pas ignorer le fond religieux du conflit. Cela ne concerne pas uniquement les politiques et la sécurité ; il s’agit d’un problème politique que vient soutenir une perspective religieuse. Si le dialogue ne se fait que sur le plan lai»que, on passe à coté des principaux problèmes», a affirmé le Père Shomali. (apic/eni/pr)
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