Au loin des villages

Fribourg: sortie d’un film sur le Darfour, du réalisateur Olivier Zuchuat

Fribourg, 7 mai 2009 (Apic) Vendredi 9 mai 2009 à 18 heures au cinéma Rex à Fribourg, Olivier Zuchuat, présentera le film qu’il a consacré au Darfour et aux horreurs vécues par les habitants.

Le drame du Darfour a quitté les devants de la scène. D’autres tragédies font la une, mais la situation ne s’est pas améliorée pour autant là-bas. Olivier Zuchuat s’est rendu dans une région du Tchad, proche de la frontière avec le Soudan.

Il s’y trouve un immense camp de réfugiés. Il y a aussi, non loin, un camp de personnes «déplacées», euphémisme politique qui désigne les Tchadiens qui ont fui une zone frontalière régulièrement attaquée par des bandes armées.

Il n’y a pas de discours dans ce film. Uniquement une caméra fraternelle qui se pose, respectueuse et attentive, écoutant ce que ces personnes ont à dire. En évitant tout mouvement inutile, en laissant les plans restituer l’atmosphère qui règne dans ce «village», Olivier Zuchuat arrive à ce que nous-mêmes, nous sentions, quasi physiquement, cette attente qui est le quotidien des habitants. Mais il n’y a pas que cela, comme l’explique le réalisateur: «J’envisageais de faire un film sur l’attente dans un camp de réfugiés soudanais au Tchad. Les réfugiés soudanais du camp de Djabal venaient de passer trois années sous tentes, à attendre un hypothétique retour dans leurs villages. Une attente qui use, qui désidentifie. Un paysan privé de sa terre, de son bétail et de son village,»emprisonné volontaire» dans un camp, maintenu en vie par les ONG et les organisations internationales, est un homme «étouffé» , privé du monde.

Mais la situation en a décidé autrement. Le conflit du Darfour s’est étendu dès 2006 à l’est du Tchad. Quand je suis arrivé à l’été 2007 dans le camp de Djabal, des Tchadiens de l’ethnie dajo venaient de se faire massacrer par les miliciens janjaweeds venus du Darfour et s’étaient installés autour du camp de Djabal. Ils avaient construit des camps sauvages», s’étaient auto-organisés pour survivre grâce à la solidarité de parents qui habitaient la région et espéraient que les ONG les aident dans un proche futur. Les bilans de récents massacres ne cessaient de parvenir dans les camps. J’ai donc décidé de consacrer mon film à ces réfugiés dont personne ne parlait. On les qualifie de «déplacés» et non de «réfugiés» puisqu’ils ont trouvé refuge à l’intérieur de leur propre pays. J’ai tourné ce film dans les 5 km2 du camp de déplacés «tchadiens» de Gouroukoun. Ce n’est dès lors plus un film sur l’attente, mais également un film de guerre. Une guerre qui faisait rage à moins de 40km de là…» (apic/com/js)

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