Jordanie: Benoît XVI est arrivé à Amman, première étape don son périple en Terre sainte
Amman, 8 mai 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI a débuté son périple en Terre sainte par l’étape jordanienne de Amman, où il est arrivé vendredi. Ce voyage le conduira du 8 au 15 mai, également en Israël et dans les territoires palestiniens.
L’avion de la compagnie Alitalia a atterri à 11H25 GMT à l’aéroport international Queen Alia, où le roi Abdallah II et son épouse la reine Rania ont accueilli le pape à sa descente d’avion. Une arrivée saluée par 21 coups de canon.
Arrivé en Jordanie, le pape a donné le ton en défendant la liberté religieuse, et salué le rôle d’Amman dans la paix au Moyen-Orient.
Peu après avoir posé le pied sur le sol de Jordanie, Benoît XVI a prononcé son premier discours, évoquant la liberté religieuse, qui «est un droit de l’homme fondamental», et saluant le rôle de la Jordanie dans la paix au Moyen-Orient.
Le roi Abdallah II était en costume sombre et son épouse Rania portait une veste blanche et une jupe plissée gris clair. Le pape a en outre salué les membres de la famille royale, le corps diplomatique, les patriarches et évêques de Terre sainte.
Le pape et le roi, installés sur un podium, ont ensuite entendu les hymnes nationaux du Vatican et de la Jordanie joués par des gardes bédouins royaux.
25 minutes après avoir foulé le sol jordanien, dans le pavillon royal, Benoît XVI a alors commencé son discours, évoquant d’abord «la liberté religieuse» qui «est, naturellement, un droit de l’homme fondamental». Le pape a alors fait part de «(son) espérance fervente et (sa) prière» pour que «le respect des droits inaliénables et de la dignité de chaque homme et femme soit toujours plus affirmé et défendu, non seulement au Moyen-Orient mais partout dans le monde».
Les «précieuses initiatives» de la Jordanie
Plus particulièrement, le pape a dit apprécier «la possibilité qu’a la communauté catholique jordanienne de construire des édifices publics de culte», signe du «respect» de la Jordanie «pour la religion». Le 10 mai, en effet, le pape bénira les premières pierres des églises de rite latin et grec-melchite, à Béthanie, sur les bords du Jourdain.
Benoît XVI a ensuite longuement salué «les précieuses initiatives» de la Jordanie en faveur de la paix «depuis la publication du Message d’Amman», en 2004. Selon le pape, ces initiatives «ont obtenu de bons résultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman, mettant en échec les prédictions de ceux qui considèrent inévitables la violence et les conflits». C’est aussi le Royaume de Jordanie qui est à l’origine de la lettre «Une parole commune» signée par 138 dignitaires musulmans, en signe de réconciliation avec l’Eglise catholique après la crise de Ratisbonne (Allemagne), en septembre 2006.
Pour le pape, la Jordanie «a été depuis longtemps à l’avant-garde d’initiatives en faveur de la paix au Moyen-Orient et à travers le monde, en encourageant le dialogue interreligieux et en soutenant les efforts qui visent à une juste solution au conflit israélo-palestinien, en accueillant des réfugiés provenant de l’Irak voisin, et en cherchant à réduire les extrémismes». Le pape a plus particulièrement loué «les efforts en faveur de la paix en cette région que feu le Roi Hussein a déployés en véritable pionnier».
Le sort de Jérusalem
De son côté, le roi de Jordanie a longuement évoqué le sort de Jérusalem, estimant qu’il était «nécessaire de sauvegarder la Cité sainte comme lieu de culte pour tous». Il a ensuite souhaité que «le peuple palestinien puisse voir finir l’occupation et la souffrance et puisse partager, au moins, le droit et la dignité de la liberté». Il a aussi affirmé que «la Jordanie et l’Eglise catholique ont l’honneur et la responsabilité de servir de gardiens et de protecteurs des lieux saints et religieux de la ville de Jérusalem», dans une allusion concernant le différend entre le Saint-Siège et Israël – vieux de plusieurs années – sur les biens de l’Eglise en Terre sainte.
«Les voix de la provocation, des idéologies ambitieuses de division font planer la menace de souffrances indicibles. Nous devons rejeter un tel cours pour l’avenir de notre monde», a ajouté le souverain hachémite. Le roi a souhaité que ce dialogue qui «puisse apporter une contribution importante en Terre sainte … où nous devons, ensemble, aider à lever l’ombre du conflit, à travers un règlement négocié qui réponde aux droits des Palestiniens à la liberté et au droit des Israéliens à la sécurité».
La Jordanie est le seul pays arabe avec l’Egypte à avoir signé un traité de paix avec Israel. Le roi s’est encore félicité de «l’engagement» du pape «à dissiper les malentendus et les divisions qui ont porté atteinte aux relations entre chrétiens et musulmans».
A la fin de la cérémonie, le pape devait ensuite se rendre au centre «Regina Pacis» d’Amman, qui accueille des jeunes handicapés, chrétiens comme musulmans.
Quelques heures plus tôt, alors que l’avion papal se trouvait encore dans l’espace aérien italien, Benoît XVI avait fait parvenir un télégramme au président de la République italienne Giorgio Napolitano. Dans ce message, il indiquait qu’il se rendait en Terre sainte pour rencontrer ses «frères et soeurs dans la foi en partageant avec eux des moments de forte spiritualité, prier pour la justice et la paix et encourager le dialogue oecuménique et interreligieux». (apic/ag/imedia/cp/pr)
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