Chiffres alarmants: les gosses premières victimes de la crise

Afrique: Malnutrition et pauvreté infantile s’aggravent au Mali et au Cameroun

Bamako, 15 mai 2009 (Apic) Les enfants paient un lourd tribut à la crise économique mondiale au Mali et au Cameroun, notamment.

Souvent retirés de l’école pour aller travailler ou pour aider leur famille, ils souffrent en outre de malnutrition car la nourriture devient de plus en plus rare et coûteuse, s’est inquiété le représentant de l’Unicef (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) au Mali., Marcel K. Rudasingwa, à l’occasion du Forum national sur la pauvreté des enfants et la protection sociale en cours dans la capitale Bamako.

D’après les données recueillies par l’organisation internationale en 2009, 48,9% des jeunes maliens vivent dans l’extrême pauvreté (contre 41,5% en 2006); le taux de malnutrition des enfants de zéro à quatre ans s’est détérioré sur la même période, passant de 27,5% à 33,8% (de 32,1% à 40,6% pour les jeunes jusqu’à 14 ans).

« Ces situations, même si elles sont parfois temporaires, ont en réalité un impact permanent sur l’avenir de ces enfants et le développement du pays », a souligné le représentant de l’Unicef. « S’ils vivent dans les zones rurales, le risque de souffrir de malnutrition est supérieur, comme c’est le cas pour les enfants originaires des régions de Sikasso (sud) et Ségou (centre) ».

En proie à des difficultés économiques toujours plus grandes, les familles ont toujours moins les moyens de se soigner auprès des centres de santé publics et privés, ayant plutôt recours aux guérisseurs traditionnels, moins onéreux, et aux médicaments à base de plantes.

Le même constat est dressé au Cameroun, pourtant considéré parmi les pays les plus stables d’Afrique sub-saharienne. Selon l’Unicef, chaque année au moins 45’000 enfants meurent des suites de la malnutrition; un phénomène chronique qualifié d’ « urgence silencieuse », qui frappe surtout les régions du nord et de l’est du pays.

Ce cadre préoccupant a été confirmé par les récentes données diffusées par le ministère de la Santé de Yaoundé, estimant que 50% de la mortalité infantile au Cameroun est causée par la malnutrition, documentant aussi une aggravation du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans (de 23% en 1991 à 32% en 2004).

« Le Cameroun a le mérite d’avoir ouvert ses frontières aux réfugiés du Tchad et de la République centrafricaine. Mais les réfugiés mobilisent une bonne partie des ressources déjà limitées du pays. Les communautés d’accueil ne sont pas riches, et pourtant elles partagent le peu qu’elles ont », a indiqué le représentant local de l’Unicef, Ora Musu Clemens, soulignant que cet aspect aggrave ultérieurement une situation déjà critique à cause de la crise alimentaire et économique mondiale.

Pour satisfaire la demande interne en céréales (surtout riz et maïs), le pays dépend à plus de 70% des importations, très coûteuses pour les finances publiques. Si les organisations internationales et non gouvernementales sont passées à l’action non sans difficulté, une solution pourrait être la réintroduction des cultures de riz et de maïs à vaste échelle, rendue possible grâce à la collaboration entre Yaoundé et New Delhi, qui a ouvert une ligne de crédit de 37,65 millions de dollars (825 milliards de francs CFA) pour une période de 20 ans. (apic/misna/pr)

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