Suisse: Le Parti Evangélique Suisse PEV rejette le diagnostic préimplantatoire (DPI)
Zurich, 18 mai 2009 (Apic) Le Parti Evangélique Suisse (PEV), un parti d’inspiration chrétienne, rejette le diagnostic préimplantatoire (DPI) «car celui-ci implique la mort de vies humaines et un premier pas vers une sélection artificielle des foetus». Selon un communiqué du PEV publié lundi 18 mai, l’interdiction est nécessaire afin de fixer des limites claires et strictes.
Le diagnostic préimplantatoire a lieu en règle générale trois jours après la fécondation dans l’éprouvette. A ce moment, l’embryon est constitué de six à dix cellules, parmi lesquelles une seule sera prélevée et soumise à des analyses génétiques, relève pour sa part l’Office fédéral de la santé publique.
es couples où le risque de transmission génétique d’une maladie est élevé peuvent aujourd’hui, dans de nombreux pays, faire examiner les embryons obtenus par fécondation in vitro afin de déterminer d’éventuelles anomalies chromosomiques et mutations génétiques. Cela afin d’identifier les embryons pour lesquels la maladie génétique examinée peut être exclue avec un haut degré de probabilité et de les implanter dans l’utérus de la femme afin d’induire une grossesse.
Le Conseil fédéral a ouvert en février dernier la procédure de consultation concernant la modification de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA). Cette modification porte sur le diagnostic préimplantatoire. Son interdiction dans la LPMA actuellement en vigueur doit être abrogée pour être remplacée par une autorisation soumise à des conditions très strictes, estime le Conseil fédéral.
Le PEV refuse une «mort calculée pour les embryons»
De son côté, le PEV refuse une «mort calculée pour les embryons». En effet, relève-t-il, sur demande du Parlement fédéral, le Conseil fédéral a élaboré un projet définissant des conditions cadres restrictives pour l’application du DPI. Ce procédé intervient dans le cadre de la procréation médicalement assistée et doit permettre de détecter les déficiences génétiques des embryons avant leur implantation dans l’utérus. S’ils ne passent pas ce contrôle de qualité, les embryons sont tués. «Le PEV rejette le DPI, car il met à mort la vie humaine et ouvre une voie royale à la sélection génétique», peut-on lire dans le communiqué.
Le PEV estime que «c’est lors de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde que l’homme devient homme et que l’être humain est créé en tant qu’individu unique. Dès ce moment-là son existence est indiscutable et sa vie se doit d’être protégée. Pourtant, le DPI permet de choisir entre la vie et la mort : parmi une série d’embryons sont sélectionnés ceux qui entrent en ligne de compte pour une implantation dans l’utérus. Les autres sont condamnés à mourir dans l’éprouvette».
Pour le Parti Evangélique Suisse, cette mort calculée de l’embryon «contredit fondamentalement le sens éthique de la vie selon une inspiration chrétienne et n’est pas justifiable non plus en cas de maladie génétique lourde. Ni les parents, ni les médecins ne sont capables ou autorisés à décider dans quels cas de déficiences génétiques ou d’handicaps une vie vaut la peine d’être vécue ou pas».
Actuellement, lors d’une procréation assistée, trois ovules au maximum peuvent être fécondés et implantés dans la mère. Selon les spécialistes de la reproduction assistée, le DPI n’a de sens que s’il y a huit embryons. Il est dès lors déjà prévisible qu’une forte pression sera exercée pour l’abolition de cette règle des trois embryons. Le conseiller aux Etats radical zurichois Felix Gutzwiler, force motrice pour l’introduction du DPI, a déjà explicité clairement qu’il souhaite faire tomber cette restriction. Cela signifie que si un plus grand nombre d’ovules sont fécondés, alors plus d’embryons sont condamnés à mort suite au DPI, relève le PEV. «Que se passe-t-il si ces huit embryons sont parfaitement sains et qu’aucun d’entre eux ne porte la déficience génétique appréhendée ? Trois seront implantés et les cinq autres jetés aux eaux usées !»
Selon le projet, le DPI n’est destiné qu’aux couples souffrant d’affections héréditaires lourdes. LE PEV craint que dans un futur proche des demandes pour d’autres utilisations vont se faire entendre (DPI pour des couples stériles, pour des couples féconds déjà âgés, sélection d’un ’bébé-médicament’ immuno-compatible pour la thérapie d’un frère ou d’une soeur, sélection du sexe et finalement sélection pour des raisons non médicales).
Si le DPI est accepté dans un cadre restreint, ce sera le début d’une longue chaîne de décisions lourdes de conséquences, estime le Parti Evangélique. «Les possibilités actuelles de recherches médicales ont conduit à de très nombreuses questions éthiques qui ne trouveront pas de réponses si les limites sont sans cesses repoussées. C’est pourquoi le PEV estime que les limites doivent être fixées par l’interdiction du DPI». Qui estime également absurde que si le DPI est aujourd’hui interdit, le diagnostic prénatal est lui permis et conduit – selon les résultats et l’attitude des parents – à un avortement.
Le Parti Evangélique estime que ce n’est pas parce que l’on ne voit pas encore un être humain dans l’amas de cellule de l’embryon, qu’il n’en est pas un, avec son droit à la vie. «Ce n’est donc pas de l’’élimination d’embryon’, comme le disent les partisans, mais bien de la mort d’un enfant dont il est question ici. Le vocabulaire utilisé montre bien cette gêne vis-à-vis de la mort d’un être humain à part entière», conclut le PEV. (apic/com/be)
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