Le billet d’Antoine-Marie Izoard, directeur d’I.MEDIA

Rome: Le pèlerinage réussi de Benoît XVI en Terre sainte

Rome, 18 mai 2009 (Apic) «Pèlerin» en Terre sainte du 8 au 15 mai 2009, Benoît XVI s’était fixé deux objectifs principaux lors de son déplacement en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens: promouvoir le dialogue entre les trois religions monothéistes pour «contribuer à la paix» et «encourager» les chrétiens de la région face aux difficultés qu’ils rencontrent. Vus de Rome, ces objectifs semblent atteints.

Dans cette région où tout est politique – même l’air que l’on respire selon le Patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal -, le pape n’a pas non plus été avare de paroles fermes pour montrer du doigt avec précision les causes du conflit israélo-palestinien: manque de confiance mutuelle, haine, violences, vengeance, terrorisme, etc. Au fil de ses discours, Benoît XVI a pris le risque, calculé, de pencher pour le peuple palestinien.

En Jordanie, d’abord, Benoît XVI a posé de nouveaux gestes en gage de sa volonté de dialoguer avec l’islam et d’en faire un partenaire pour la promotion de valeurs communes. Depuis Amman, son regard s’est également porté jusqu’aux chrétiens réfugiés en provenance d’Irak. Lors des étapes suivantes, à Bethléem, Nazareth et Jérusalem, Benoît XVI a demandé aux chrétiens de Terre sainte d’avoir le courage de demeurer dans la région, malgré les difficultés, reconnaissant (et encourageant) leur rôle primordial dans la société.

En Israël, le pape allemand a honoré les victimes de la shoah, dénonçant le négationnisme et l’antisémitisme, jusqu’au moment de quitter le pays. D’abord critiqué pour sa «tiédeur» par les médias israéliens, il a officiellement été salué, au final, par le président Shimon Peres.

L’image d’un pape, debout, devant le mur de séparation encerclant la Cisjordanie

A Nazareth, Benoît XVI a aussi proposé l’image inédite d’un pape tenant la main d’un juif, d’un chef druze et d’un musulman. Joseph Ratzinger chantonnant «shalom, salam, peace», main dans la main avec des leaders religieux, a surpris ceux qui le suivent de longue date et ont retrouvé chez lui, à cet instant précis, comme un air de Wojtyla.

Une seconde image forte restera aussi de ce voyage: celle d’un pape, debout, devant le mur de séparation encerclant la Cisjordanie et les miradors israéliens, au camp de réfugiés d’Aida. Une image, mais aussi des mots… ceux d’un pape soutenant que «les murs peuvent être abattus», demandant à Israël d’accepter la création d’un Etat palestinien et de lever l’embargo sur Gaza. Un pape demandant aussi aux Palestiniens, aux jeunes en particulier, de ne pas céder à la tentation de la violence.

En Terre sainte, confiait avant le voyage un prêtre de la région, le pape devait marcher au milieu d’un champ de mines. Pour beaucoup d’observateurs, avec des gestes et des interventions équilibrés, ainsi que quelques appels fermes adressés à Israël, Benoît XVI a ainsi réussi à éviter les nombreux pièges de ce déplacement à haut risque. Le discours final, rédigé au dernier moment, a enfin levé les dernières ambiguïtés.

Le «pèlerin de la paix», il serait dommage de l’oublier, a également marché dans les pas du Christ, de Bethléem au Saint-Sépulcre en passant par les bords du Jourdain, proposant des textes très personnels sur la figure de Jésus. (apic/imedia/ami/be)

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