Europe:Les Eglises commémorent le grand Rassemblement oecuménique européen de Bâle

Ce 1er ROE a symbolisé la fin du «rideau de fer»

Genève, 19 mai 2009 (Apic) Pour les chrétiens d’Europe, le 1er Rassemblement oecuménique européen (ROE) qui a permis à pratiquement toutes les Eglises du continent de se retrouver à Bâle il y a tout juste 20 ans, est devenu un symbole: celui de leur victoire sur le «rideau de fer» qui se déchirait alors de toutes parts.

Pour la première fois, en effet, les Eglises des 4 coins de l’Europe se rassemblaient dans la cité rhénane. Ce 1er «Rassemblement Oecuménique Européen» avait pour thème «Justice, Paix et Sauvegarde de la Création», rappelle l’agence de presse oecuménique ENI.

Une première depuis la Réforme du 16ème siècle

«En 1989, l’Europe était en pleine transformation», rappelle l’archidiacre Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK), dans une déclaration à l’occasion du 20ème anniversaire du ROE qui s’est tenu à Bâle, du 15 au 21 mai 1989.

Ce Rassemblement avait été organisé par la KEK, qui regroupe la plupart des Eglises anglicanes, protestantes et orthodoxes en Europe, et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE). Avec ses 700 délégués, l’Assemblée de 1989 constituait le premier grand rassemblement des principales Eglises en Europe depuis la Réforme au 16ème siècle.

Le Rassemblement oecuménique avait été inspiré par le Conseil oecuménique des Eglises (COE) qui avait appelé ses membres à agir pour promouvoir la justice, la paix et la sauvegarde de la création. «En montrant leur volonté de renouveler ensemble leur engagement en faveur de la paix et de la justice, les Eglises, réunies à Bâle, ont su non seulement capter l’air du temps, mais aussi créer une atmosphère favorable aux changements et au renouveau», constate l’archidiacre Williams.

Un mois avant l’ouverture du Rassemblement, les dirigeants polonais, alors communistes, avaient annoncé la légalisation du syndicat d’opposition «Solidarité». Peu après, la Hongrie entamait son démantèlement du rideau de fer à la frontière avec l’Autriche. Parallèlement aux décisions prises par le Rassemblement, des représentants de la base, venus de l’Europe entière, et travaillant sur des questions en rapport avec la justice, la paix et l’environnement étaient invités à participer à «un atelier sur l’avenir de l’Europe».

La chute du Mur de Berlin était dans l’air du temps

L’Allemagne de l’Est avait pris à l’époque une initiative sans précédent en permettant à 24 militants indépendants pour la paix et les droits de la personne de participer à cet atelier. Moins de six mois plus tard, bon nombre de ces militants devenaient les leaders de ce que l’on a qualifié de ’révolution pacifique’ en Allemagne de l’Est. Elle devait déboucher sur l’effondrement du régime communiste dans le pays et, finalement, sur la réunification de l’Allemagne en 1990.

«Que ce soit avant ou après Bâle, jamais le programme d’un rassemblement oecuménique n’a été autant influencé par la dynamique créée par les changements politiques en Europe», constate pour sa part Joachim Garstecki, un théologien catholique qui fut conseiller pour les questions liées à la paix auprès des Eglises protestantes de l’Allemagne de l’Est. Il avait accompagné le groupe des 24 militants se rendant dans la cité helvétique.

Le théologien se souvient que, jusqu’à la dernière minute, les autorités est-allemandes avaient tenté de refuser leurs visas de sortie à quelques militants. «Mais le groupe s’était déjà entendu sur la stratégie à adopter, c’était ’tout le monde ou personne’, et il bénéficiait de l’appui du Conseil des Eglises chrétiennes. Finalement, tout le monde fut autorisé à voyager».

Jean Fischer, qui était secrétaire général de la KEK en 1989, rappelle aussi que le Rassemblement de Bâle réunissait des représentants de l’ensemble du peuple de Dieu: hauts responsables et simples paroissiens, membres du clergé et laïcs, femmes et hommes, militants pour la paix, la justice et l’environnement. Tous étaient bien décidés, ajoute Jean Fischer, «à instaurer la réconciliation entre les Eglises et à affirmer que, par-delà les murs, l’Europe pouvait être réunifiée». Les Eglises et les chrétiens d’Europe étaient invités à coopérer avec tous ceux qui oeuvraient pour la justice et la paix, quelle que soit leur religion ou leur conviction, relève Jean Fischer. «Une gageure pour nous aujourd’hui encore. Comme il y a vingt ans, donnons des signes d’espérance dans un monde qui est dur, injuste et menacé. Sommes-nous prêts à dire nous aussi : «Yes, we can» (Oui, nous le pouvons) ? (apic/eni/be)

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