Burkina: Signature d’une convention entre l’Eglise et l’Etat dans le domaine de l’éducation
Ouagadougou, 24 mai 2009 (Apic) L’Etat burkinabé et l’Eglise catholique locale ont signé une convention de partenariat dans le domaine de l’éducation. Elle entre dans le cadre de la mise en oeuvre d’une politique d’éducation de base au Burkina-Faso. Cette convention a été élaborée par une commission ad hoc mise sur pied en février 2008, pour réactualiser l’ensemble des textes régissant leur partenariat en matière d’éducation de base.
Selon le quotidien national burkinabé « Sidwaya », la nouvelle convention permettra de mettre fin définitivement aux problèmes de désertion des enseignants des écoles privées catholiques à cause des maigres salaires qu’ils percevaient, de résoudre aussi la faible fréquentation de ces écoles en milieu rural, du fait du prix élevé de la scolarité.
La convention comporte des innovations majeures. Elle prévoit la réduction, de 15’000 à 3’000 francs CFA (de 35,3 à 7 CHF), des frais de scolarité dans les écoles primaires catholiques situées en milieu rural et semi urbain.
L’Eglise a aussi obtenu, dans la convention, l’alignement des salaires des enseignants des écoles privées catholiques sur celui des enseignants du public, afin d’éviter les nombreuses désertions dues à des salaires souvent dérisoires. L’élargissement des membres de la commission paritaire permanente de concertation, et la promotion de l’éducation bilingue (français et langues locales) figurent aussi au nombre des acquis « majeurs » de ce nouveau partenariat. En plus, l’Etat s’est engagé dans la convention, à affecter du personnel enseignant dans les écoles catholiques, à leur apporter également une contribution financière, afin de leur permettre d’assurer leur équilibre budgétaire.
En contrepartie, l’Eglise catholique devra à son tour consentir des efforts. Elle s’est ainsi engagée à respecter les textes législatifs et réglementaires en vigueur, en matière d’éducation et de formation. Elle s’est dite prête à accueillir dans les établissements catholiques, des élèves affectés par l’Etat et leur offrir une éducation de qualité vérifiable aux moyens d’indicateurs liés au taux de promotion et au taux d’achèvement égal au moins à 90% par an.
Les établissements d’enseignement privés catholiques devront aussi fournir chaque année à l’Etat un rapport d’activités de l’année scolaire écoulée, de même qu’un rapport d’exécution budgétaire de l’année civile. Ils devront baisser des frais de scolarité dans les zones rurales et semi urbaines pour permettre l’accès des écoles catholiques au plus grand nombre d’enfants.
Pour la ministre burkinabé de l’Enseignement de base et de l’alphabétisation, Odile Bonkoungou, grâce à cette nouvelle convention, l’Etat et l’Eglise catholique disposent désormais d’un nouveau cadre partenarial, base juridique de leurs actions concertées et complémentaires sur le terrain de l’éducation.
La convention consacre un partenariat « fort, dynamique et fructueux » entre l’Etat et l’Eglise catholique dans l’intérêt du système éducatif, a-t-elle souligné. Pour sa part, le président de la Commission épiscopale pour l’éducation catholique, Mgr Wenceslas Compaoré, a salué la convention, qui, selon lui, vient « clarifier » l’avenir de l’enseignement privé catholique au Burkina-Faso. Elle rassure également l’Eglise catholique.
« A n’en pas douter, ce sera un service d’utilité publique complémentaire de l’Etat dans le domaine de l’éducation », a-t-il ajouté, tout en indiquant que c’est une « épine » que l’Etat vient d’enlever du pied des établissements d’enseignement privés catholiques, confrontés depuis longtemps à de nombreux problèmes.
Au Burkina-Faso, l’apport des écoles privées catholique au secteur de l’éducation est indéniable, depuis la construction de la première école en 1901. Ces écoles ont été reprises par l’Etat en 1969. Ce n’est qu’en 1999 qu’il les a rétrocédées à l’Eglise catholique qui les gère depuis lors. (apic/ibc/be)
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