Genève: 1’000 délégués protestants des quatre coins du monde au culte du Jubilé de Calvin
Genève, 31 mai 2009 (Apic) Beaucoup de monde, dimanche matin 31 mai à la cathédrale de Genève, pour célébrer le 500e anniversaire de la naissance de Jean Calvin. Des délégations de l’Eglise réformée du monde entier s’étaient données rendez-vous dans cette cathédrale dans laquelle Calvin a prêché, sise à Genève, ville du bout du lac que l’on continue d’appeler la «cité Calvin».
En ce dimanche de Pentecôte, les Eglises protestantes avaient en effet rendez-vous à la cathédrale Saint-Pierre de Genève, pour le culte international du Jubilé Calvin09. Plus de 1’000 invités étaient présents.
On a mis les petites orgues dans les grandes, dans la cathédrale sise au coeur de la Vieille ville de Genève. Le voeu des organisateurs de ce rendez-vous: la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), La Conférence de Églises romandes (CER) et l’Église protestante de Genève (EPG). Le culte était présidé par Philippe Reymond, modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres genevoise fondée par Calvin.
L’influence mondiale de Calvin, s’est manifestée à travers les plus de 1’000 hôtes nationaux et internationaux qui emplissaient la cathédrale et l’esplanade. Parmi les personnes présentes, outre le président du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), le pasteur Thomas Wipf, se trouvaient également le secrétaire général de l’Alliance réformée mondiale, le pasteur Setri Nyomi, ainsi que le président du Comité de patronage du Jubilé Calvin09, le pasteur Clifton Kirkpatrick. Des paroisses de Suisse, d’Allemagne et de France avaient fait le voyage, tout comme des paroisses d’Irlande, d’Espagne des USA, de Corée et d’Inde.
Justice, consolation, joie, unité et paix. Dans leur prédication à deux voix, le pasteur suisse Antoine Reymond et la pasteure Liz Vuadi Vibila de la République démocratique du Congo ont souligné l’importance de ces valeurs, dans lesquelles Calvin a vu l’action de Dieu. «Engageons-nous pour une mondialisation de la foi et des valeurs génératrices de vie. Une mondialisation exempte de la dictature d’un langage unique et d’une culture unique», a préconisé Liz Vuadi Vibila. Comme Calvin, ont dit les deux prédicateurs, «nous devrions sans cesse nous demander: À qui ou à quoi donnons-nous une place centrale?» Qui se sont toutefois interrogés sur les difficiles relations oecuméniques, avant de souhaiter que cette fête de l’Esprit, en ce jour de Pentecôte, soit un renouveau pour l’unité. Et aussi une invitation pour les Eglises à s’ouvrir davantage face aux problèmes du monde.
L’Ensemble Vocal de Lausanne sous la direction de Michel Corboz a animé ce culte, ainsi que d’autres musiciens.. A noter que ce culte a été transmis en Eurovision en Suisse, en Belgique, en Allemagne, en France, en Italie, en Corée, aux Pays-Bas, en Tchéquie, en Hongrie ainsi qu’aux USA.
Année Calvin
Les festivités autour du Réformateur du 16e siècle se succèdent du reste depuis plusieurs mois, notamment à Genève. Le Musée international de la Réforme (MiR), au coeur de la vieille ville de Genève, a inauguré le 24 avril sa première exposition temporaire sous le signe de Calvin: «Une journée dans la vie de Calvin». Tout un programme.
Le 14 juin également, une cérémonie nationale du Jubilé Calvin 09 aura lieu à l’espace Fusterie de Genève, en présence des autorités fédérales et cantonales, de représentants de la vie politique et culture en Suisse, mais aussi des délégations des 26 Eglises protestantes membres de la FEPS, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse.
Bref, les festivités en Suisse ou ailleurs dans le monde protestant ne manquent pas en cette année 2009, 500e anniversaire de sa naissance oblige. La vie de Calvin est également passée au peigne fin, sans complaisance, avec son lot d’humour parfois aussi, passée à toutes les sauces. «La Vie protestante», le mensuel de l’Eglise protestante de Genève, a publié en avril dernier un numéro hors série sur le Réformateur. Le pasteur et théologien Vincent Schmid y va de sa plume pour présenter certaines facettes du personnage. Pas toujours à son avantage d’ailleurs.
«Comme nombre d’humanistes de son temps, il – réd.: Calvin – ne nourrit nul penchant pour la tyrannie…» Mais, poursuit l’auteur de l’article, «Calvin n’a jamais accepté d’être contrarié en quoi que ce soit. Moins par tempérament que par foi. Il s’est toujours considéré comme investi d’une mission providentielle. Ses opposants l’ont appris à leurs dépens». Et l’auteur de rappeler: «N’allait-il pas demander aux magistrats de Genève de faire respecter la loi de Dieu et de punir ceux qui se moquaient de la ’vraie religion?’ Ainsi à l’automne 1553, on a pu assister à Genève au procès puis à la mise à mort de Michel Servet, philosophe, médecin et théologien dissident d’origine espagnole, brûlé vif le 27 octobre 1553 dans les murs de la ’Rome protestante’».
Pas un rabat-joie
Les traits de l’homme, pour lequel des délégations du monde entier se sont déplacées le jour de Pentecôte à Genève, pour le 500e anniversaire de sa naissance, n’apparaissent cependant pas toujours aussi détestables. Dans une expo qui lui fut dédiée en fin d’année 2008, on montre un Calvin qui n’était pas aussi rabat-joie. Qu’il approuvait le rire. Et le vin.
Le côté commercial qui marque le 500e anniversaire de la naissance de Calvin n’est lui non plus pas oublié. Des brasseurs de bière n’ont pas raté l’occasion. Le visage austère de «Calvinus» qui figure sur les étiquettes contraste avec le liquide contenu dans la bouteille: une délicieuse bière. Les chocolatiers même y sont allés de leur cacao pour offrir aux gourmands une divine gâterie sous forme de pralinés au goût de «paradis». PR
Encadré:
En quelques lignes pour le dire
Jean Calvin est né le 10 juillet 1509 à Noyon, en France, à environ 100 km au nord de Paris, sous le nom de Jean Cauvin. Durant ses années de collège, certains amis de Calvin sont des sympathisants de la Réforme ou se sont même convertis. Ce n’est pas le cas de Calvin. La polémique de Luther contre Zwingli lui semble trop virulente. C’est en 1528 que Calvin commence ses études de droit à Orléans, puis à Bourges, puis, plus tard, à Paris, où il se consacre surtout à des études littéraires. La conversion de Calvin à la réforme a lieu en 1533 ou 1534, selon les interprétations de sa biographie.
Installé à Bâle, il prend le pseudonyme de «Lucianus», une anagramme de Calvinus. En août 1535, il termine un catéchisme, édité en mars 1536 sous le titre «Institutio christanae religionis». En voulant se rendre de Paris à Strasbourg en 1536, il passe par Genève en raison de la guerre entre le roi François Ier de France et l’empereur Charles. Il y est retenu par Farel, qui y a introduit la réforme en 1535. Calvin restera deux ans à Genève, avant de se rendre à Strasbourg. En 1542, après des mois d’insistance des Genevois, il se rend à nouveau dans leur ville. Contrairement à ses plans, il n’y demeurera pas seulement quelques mois, mais jusqu’à sa mort, en 1564. PR
Pour commémorer l’événement, le culte sera publié en DVD en français, allemand, anglais, italien, néerlandais, hongrois et tchèque.»
(apic/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse