L’évêque de Jaffna demande leur libération

Sri Lanka: 5 prêtres catholiques tamouls détenus dans des camps de réfugiés

Jaffna, 4 juin 2009 (Apic) Alors que le président sri-lankais Mahinda Rajapakse paradait mercredi devant ses troupes et la foule rassemblée à Colombo pour fêter la victoire sur les Tigres de libération de l’Eelam tamoul LTTE, l’Eglise catholique locale est inquiète. 5 prêtres catholiques tamouls qui ont été pris dans la zone de guerre de Vavuniya sont toujours détenus dans des camps de réfugiés entourés de barbelés dans le nord-est du pays.

Mgr Thomas Savundaranayagam, évêque de Jaffna, raconte qu’ils ont été sortis de la zone des combats entre l’armée et les LTTE par les soldats gouvernementaux. Il a confirmé leur détention à l’agence de presse catholique UcaNews. « Ils travaillaient pour la population, ils devraient être envoyés à Jaffna ».

L’évêque de Jaffna a écrit au Ministère sri-lankais de la défense la semaine dernière pour demander leur libération. Il a ajouté que les catholiques en général et les parents des prêtres détenus sont inquiets et choqués par cette situation. « Nous sommes dans le brouillard en ce qui concerne le sort de nos prêtres dans ces camps » dans la région de Vavuniya, ajoute pour sa part le secrétaire de l’évêque de Jaffna, le Père Genolton Vijintus Rajanayagam.

Selon des travailleurs humanitaires sur place, les réfugiés confinés dans ces camps fermés souffrent de plus en plus de maladies comme l’hépatite, des maladies de peau, varicelle, etc. Ils se plaignent également, sous couvert de l’anonymat, du manque de services adéquats, notamment de nourriture. Près de 300’000 réfugiés qui ont fui les combats sont maintenant dans des camps de réfugiés à Jaffna, Mannar, Vavuniya et Trincomalee. C’est le diocèse de Jaffna qui a subi le plus de dommages causés par les combats, et l’Eglise locale a subi de « lourdes pertes », selon le Père Rajanayagam.

16 paroisses dans deux décanats du diocèse de Jaffna ont été abandonnées durant les combats et des centaines d’agents pastoraux et de collaborateurs de l’Eglise ont été tués ou blessés. Des couvents et des institutions pour enfants et personnes âgées appartenant à l’Eglise ont également été endommagés.

Des prêtres et des religieux et religieuses font partie des nombreux morts, blessés ou disparus. Parmi eux, on note la disparition depuis la bataille finale du Père Francis Joseph, âgé de 70 ans, rapporte UcaNews. Le Père James Pathinathar, curé de paroisse à Mullaitivu, a été blessé, tandis que le Père T.R. Vasanthaseelan, assistant directeur de Caritas-Jaffna, attend une prothèse après avoir perdu une jambe lors d’un bombardement le 23 avril dernier.

Le Père Mariampillai T. Sarathjeevan, qui a été évacué par les militaires de la zone des combats en compagnie de 30’000 civils, est mort d’une crise cardiaque le 18 mai dernier. Une urne contenant les cendres du prêtre tamoul de 41 ans a été placée le 30 mai dernier dans le cimetière catholique de Jaffna, parmi les restes de milliers d’autres victimes de la guerre, note UcaNews. Citant des rapports confidentiels de l’ONU, les médias français et britanniques ont parlé la semaine dernière de la mort de plus de 20’000 civils lors des derniers combats de l’armée gouvernementale contre les LTTE. (apic/ucan/be)

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