La vision d’un théologien réformé pour élaborer d’autres réponses

Indonésie: Les valeurs préchrétiennes contribuent à façonner la théologie

Genève, 4 juin 2009 (Apic) Selon un théologien de l’Eglise réformée, des villageois indonésiens s’inspirent de traditions préchrétiennes pour élaborer des réponses chrétiennes aux problèmes qui se posent actuellement dans leurs communautés. Le théologien admet que son approche diffère de celle des premiers missionnaires venus d’Europe avec leurs procédés qu’il qualifie de «colonialisme culturel».

Dans une interview accordée à l’Alliance réformée mondiale (ARM), citée par l’Agence ENI, le théologien Zakaria Jusuf Ngelow a expliqué que, dans le cadre d’un projet dans une zone rurale du sud de Sulawesi, il travaillait auprès d’agriculteurs pratiquant une agriculture de subsistance pour transformer d’anciennes traditions en solutions à des problèmes de notre temps.

«Nous ne partons pas de la Bible», a-t-il expliqué. «Il nous faut un problème qui a été ’vécu’, j’entends par là un problème comme la destruction des forets autour du village ou un conflit interreligieux au sein de la communauté. Nous analysons alors les causes profondes de ce problème».

Zakaria Jusuf Ngelow participait avec une quarantaine de dirigeants de 37 Eglises à une réunion conjointe des comités exécutifs de l’ARM et du Conseil oecuménique réformé (REC).

Il admet que son approche diffère de celle des premiers missionnaires venus d’Europe qui cherchaient à faire table rase des croyances et des pratiques locales en supprimant les cultures et les arts traditionnels, un procédé qu’il qualifie de «colonialisme culturel».

En revanche, la théologie contextuelle encourage les gens à exprimer leur foi chrétienne en utilisant les moyens culturels et artistiques du lieu : en s’inspirant de formes artistiques comme les poèmes épiques ou le tissage pour raconter des récits chrétiens. «Les traditions culturelles peuvent nous aider à faire de la théologie» a-t-il ajouté. «Avant l’arrivée des missionnaires, Dieu était déjà là, auprès de son peuple». Selon lui, une fois que le problème et ses causes sont clairement identifiés, les villageois s’inspirent de leur foi chrétienne pour élaborer leur réaction.

Pour défendre sa thèse, l’universitaire, qui détient un doctorat en histoire de l’Eglise en Indonésie, a quitté le poste qu’il occupait à la Faculté de théologie du Sud Sulawesi et lancé un projet visant à faire de la théologie avec des gens ordinaires dans leur cadre habituel.

Zakaria Jusuf Ngelow, qui est membre du comité consultatif sur la mission de l’ARM, a précisé que son projet a pour but de mettre en place des responsables d’Eglises locales qui auront les compétences nécessaires pour «faire de la théologie " avec les ressources existant sur place.

Dans une région de l’Indonésie ou` 10 % de la population est chrétienne et 90 % musulmane, les responsables d’Eglises locales doivent coopérer avec des groupes interreligieux pour identifier et mettre en oeuvre des réponses efficaces aux problèmes affectant l’ensemble de la communauté.

Zakaria Jusuf Ngelow a déclaré que son approche encourageait les chrétiens à s’ouvrir aux valeurs et aux croyances d’autres traditions et leur donnait les moyens de dialoguer, ce qui augmentait les chances de voir les deux communautés religieuses découvrir ensemble des solutions. (apic/eni/pr)

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