Suisse: Swissaid salue l’annonce de l’adhésion de la Suisse «l’Extractive Industries Initiative»

Pour une meilleure redistribution des pétrodollars

Lausanne, 8 juin 2009, (Apic). Swissaid salue l’adhésion de la Suisse à l’’Extractive Industries Transparency Initiative» (EITI), une initiative mondiale sur la transparence dans le secteur des matières premières. Car, selon l’organisation, au lieu de favoriser le développement, les revenus générés par l’exploitation du pétrole ou de l’or favorisent la corruption ou les conflits armés dans de nombreux pays en développement.

Davantage de transparence est la voie qui permet de sortir du piège des ressources naturelles, a estimé la directrice de Swissaid Caroline Morel, à la veille d’une conférence internationale sur ce thème à Zurich. Le président de l’EITI Peter Eigen a souligné toute l’importante de l’adhésion de la Suisse à cette initiative. Désormais, les entreprises suisses seront également encouragées à adhérer à l’initiative sur la transparence. Par des directives contraignantes dans les pays producteurs et consommateurs, les consignes de l’EITI pourront ainsi être renforcées.

Les populations des pays riches en matières premières ne tirent guère de bénéfices des revenus de l’exploitation du pétrole ou des métaux précieux. Cet argent emprunte le plus souvent des canaux opaques. «Les deux conditions principales pour que la population puisse bénéficier des revenus des richesses minières est une bonne gouvernance et davantage de transparence dans le secteur des matières premières», a expliqué lundi la directrice de SWISSAID au cours d’une conférence de presse à Zurich. «Et ce dans l’intérêt bien compris de l’ensemble des parties concernées : les entreprises, les Etats au Sud comme au Nord et les populations.»

L’exemple positif du Botsswana en Afrique

Comment un pays peut-il se développer grâce aux richesses générées par l’exploitation de ses matières premières ? C’est ce qu’a brillamment expliqué Festus Mogae. L’ex-président du Botswana, pays d’Afrique australe producteur de diamants, a en effet expliqué comment son pays a géré les revenus tirés de l’exploitation du diamant en toute transparence, avec des objectifs clairs en matière de développement, tels que la formation et la santé. «C’est ainsi que nous avons réussi à transformer la malédiction des ressources naturelles en une bénédiction», a affirmé Festus Mogae, qui a reçu le Prix Mo Ibrahim de la bonne gouvernance en Afrique. Le Botswana, depuis son indépendance en 1966, est passé du statut de pays parmi les plus pauvres du monde à celui d’un Etat stable qui figure parmi les plus prospères du continent.

Les richesses générées par les matières premières peuvent également avoir d’autres conséquences, a démontré Nazaire Djerakoubou, collaborateur de Swissaid au Tchad. Dans ce pays, la Banque mondiale s’est retirée d’un projet qui se voulait exemplaire, après que le gouvernement ait mis un terme à l’accord visant à consacrer une partie des revenus pétroliers à la lutte contre la pauvreté. «L’argent n’est pas arrivé là où il aurait dû», a regretté Nazaire Djerakoubou. La lutte pour une répartition équitable des revenus du pétrole a cependant renforcé les organisations de la société civile, dont certaines sont appuyées par SWISSAID, et contribué à l’émergence de véritables contre-pouvoirs.

L’EITI présente dans 30 pays producteurs

Sur la scène internationale, l’Initiative sur la transparence des industries extractives (EITI) représente un levier puissant pour échapper à la malédiction des ressources naturelles. L’EITI favorise la collaboration entre les Etats, les entreprises et les organisations non gouvernementales afin de faire toute la lumière sur les flux financiers entre les sociétés pétrolières et minières et les gouvernements. Le fait d’être informée sur les montants qui ont été payés et à qui ils l’ont été permet à la population de demander des comptes sur l’affectation et l’utilisation des revenus générés par le pétrole et les autres industries extractives. Et de s’assurer que cet argent est utilisé pour contribuer à la réduction de la pauvreté dans le pays. Un but pour lequel Swissaid s’engage depuis des années – dans les pays où SWISSAID est présente comme le Tchad et le Niger, ainsi que sur la scène internationale.

Actuellement, une trentaine de pays producteurs en font partie, «nous devenons une référence au niveau mondial», a expliqué le président de l’EITI Peter Eigen. A la veille d’une conférence internationale, au cours de laquelle Swissaid a réuni à Zurich des experts dans le domaine du pétrole et de la transparence, il a relevé l’importance d’une adhésion de la Suisse à l’EITI – et ce dans le contexte d’une crise financière qui a clairement démontré que la transparence est aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Renseignements: Caroline Morel, c.morelàswissaid.ch (apic/com/js)

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