Philippines: Les tentatives de modification de la Constitution suscitent les protestations
Manille, 15 juin 2009 (Apic) Des organisations d’Eglise se sont jointes à des milliers de manifestants à Makati, dans l’agglomération de Manille, aux Philippines, pour dénoncer le projet de certains députés visant à amender la Constitution de 1987.
Les opposants à ce projet y voient un stratagème pour prolonger le mandat de la présidente Gloria Macapagal Arroyo.
Avant le mouvement de protestation, le 10 juin, le président de la Conférence épiscopale des Philippines, l’archevêque Angel Lagdameo, a écrit dans une lettre pastorale dans laquelle il relève que les évêques appellent les membres de la société civile qui souhaitent protester publiquement contre la Résolution 1109 de la Chambre à continuer à se mobiliser pour protéger l’intérêt général et l’intérêt national».
Sur certaines pancartes brandies par les manifestants, on pouvait lire : «Gloria pour toujours ? Jamais !» et «Gloria doit partir !»
La chambre basse du Parlement national a adopté une résolution le 2 juin, convoquant le Parlement en Assemblée constituante pour amender la Constitution des Philippines.
Le secrétaire général du Conseil national des Eglises des Philippines (NCCP), le pasteur Rex Reyes, a condamné cette mesure, la qualifiant de «tyrannie pure et simple d’une minorité, exercée pour promouvoir ses propres intérêts».
La Conférence épiscopale, le NCCP – principalement protestant – et ses Eglises membres, ainsi que des groupes évangéliques, tels que le mouvement Jesus is Lord, fort d’un million de fidèles dirigée par le frère Eddie Villanueva, se sont joints à des syndicats et des organisations de la société civile pour manifester le 10 juin au niveau national contre la résolution.
L’archevêque Lagdameo a cependant déclaré le 9 juin sur la station catholique Radio Veritas que son Eglise ne serait pas en tête du cortège, «car nous ne pouvons pas être partisans» et parce que l’Eglise respecte la «séparation des Eglises et de l’Etat».
Selon certains observateurs, la situation aux Philippines est extrêmement tendue, parce que plusieurs présidentiables se présentent pour les élections nationales de 2010.
Mgr Lagdameo a appelé à prier et à participer à des manifestations pacifiques afin de «ne pas tomber dans le piège d’un nouveau recours à la loi martiale». L’archevêque faisait allusion à la dictature de plus de vingt ans du président Ferdinand Marcos, qui a été renversé en 1986 lors de ce que l’on a appelé la Révolution du pouvoir du peuple.
Les responsables d’Eglise et les critiques de la présidente Arroyo surveillent de près la résolution adoptée par les députés, affirmant que l’amendement de la Constitution à peine un an avant les élections de 2010 doit avoir été calculé de manière à pouvoir prolonger le mandat de la présidente. La Constitution prévoit un mandat présidentiel de six ans avec une possibilité de réélection.
Gloria Arroyo et ses partisans à la chambre basse du Parlement nient que les mesures prises récemment constituent un stratagème pour prolonger son mandat. «Toutes les questions qui ont été soulevées ne sont que des craintes face à l’inconnu», a déclaré à ENI Mauricio Domogan, député de Baguio City et allié de la présidente Arroyo. (apic/eni/pr)
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