Résultats inquiétants et décevants

Suisse: La DB a mené l’enquête sur les vêtements de sport «outdoor»

Berne, 26 juin 2009 (Apic) La Déclaration de Berne (DB) s’interroge sur les résultats «Inquiétants» d’une enquête menée sur les vêtements de sport «outdoor». Cette enquête, faite par la DB laisse apparaître qu’aucune des entreprises interrogées ne satisfait aux exigences nécessaires pour atteindre le sommet du classement. Sur les 176 francs que coûte une veste, seul 1 franc revient au couturier, à la couturière.

Même Descente, le fournisseur de l’équipe suisse de ski, fait partie de cette mauvaise catégorie d’acteurs du secteur outdoor, indique la DB.

«Never Stop Exploring»: c’est par ce slogan à la fois évocateur de nature et de technologie que le leader du secteur outdoor, «The North Face», met en avant ses produits. La Campagne «Clean Clothes» a pris cette invitation à la lettre et passé au crible la responsabilité sociale du géant états-unien et de 28 autres acteurs du secteur outdoor.

A chaque fois que «The North Face» vend une veste au prix de 176 francs, au bout de la chaîne de production, la couturière gagne 1 franc, soit à peine 0.56% du prix de vente !

Au Salvador, les salaires sont si misérables qu’une famille a besoin du travail de quatre personnes pour obtenir un revenu de subsistance, dénonce la DB. Le fabricant allemand Vaude produit une partie de sa collection au Myanmar et n’hésite pas à affirmer que les standards sur place sont «relativement élevés par rapport au reste de l’Asie». Pourtant ajoute la DB, en mars 2009, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a exprimé sa profonde inquiétude face aux violations graves et systématiques des droits humains dans l’ancienne Birmanie.

Le géant Columbia Sportswear, dont le siège européen se trouve à Genève, a tout simplement ignoré le questionnaire de la CCC/DB sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Et même Patagonia, «pourtant exemplaire à certains égards», ne s’engage pas à verser à ses employées un salaire de subsistance qui leur permettrait de vivre dans la dignité.

Manque de transparence

Selon la DB, moins de la moitié des entreprises interrogées se sont montrées prêtes à donner des informations sur leurs standards de production. «Dans la plupart des cas, aucun code de conduite n’est accessible au public et on cherche en vain des informations sur la responsabilité sociale de l’entreprise».

Pour la DB, ce manque de transparence laisse penser «qu’aucune mesure n’a été prise pour assurer des conditions de travail équitables sur la chaîne de production». Quelques entreprises se distinguent dans ce portrait résolument sombre du secteur outdoor. Mammut et Odlo ont récemment adhéré à l’organisme de vérification indépendant Fair Wear Foundation. Patagonia, quant à elle, est membre de la Fair Labour Association.

En plus de 15 grandes entreprises actives au niveau international, la CCC/DB s’est intéressée à 13 petites et moyennes entreprises (PME) suisses, dont le fournisseur de l’équipe suisse de ski. Même si les PME n’ont pas la même influence sur leurs fournisseurs, elles ont les moyens et la responsabilité d’imposer des standards de travail. A l’image des grandes marques, de nombreuses entreprises de taille modeste utilisent les conditions de production équitables comme argument publicitaire, sans pour autant être en mesure de donner les garanties nécessaires et prévoir les instruments de vérification adéquats. Ainsi, presque toutes les PME se classent parmi les «indifférentes». Même Descente, le fournisseur de l’équipe suisse de ski, fait partie de cette mauvaise catégorie d’acteurs du secteur outdoor.

Sur la base de ces résultats inquiétants, la DB/CCC exige plus de transparence et d’engagement de la part des entreprises du secteur outdoor. Elle demande l’application de mesures concrètes pour garantir des conditions de travail équitables sur l’ensemble de la chaîne de production: élaborer un code de conduite; le mettre en œuvre; adhérer à une initiative de vérification multipartite indépendante; promouvoir la liberté d’organisation, d’association et de négociation; et enfin soutenir les petits paysans dans la culture des matières premières.

La DB assure en outre avoir évalué l’engagement pris par les entreprises en termes de responsabilité sociale. Elles ont été classées en trois catégories: «les pionnières», «les prudentes» et «les indifférentes». 8 entreprises figurent parmi les «prudentes», tandis que 21 se situent parmi les «indifférentes». Aucune entreprise ne satisfait les exigences nécessaires pour atteindre le sommet du classement. (apic/com/pr)

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