Canada: Nouveau chef pour la commission «Vérité et réconciliation»
Toronto, 28 juin 1009 (Apic) Qualifiant sa tache d’»intimidante», le président nouvellement nommé de la Commission «vérité et réconciliation» chargée de faire la lumière sur le système – aujourd’hui abandonné – des pensionnats indiens au Canada, affirme que cet organisme va pouvoir prendre un nouveau départ après avoir pris un retard de plusieurs mois.
La Commission a été créée en juin 2008 dans le cadre d’un accord entre le gouvernement fédéral du Canada, des organisations autochtones et les Eglises qui géraient les 130 écoles.
A partir du XIXe siècle et pendant la majeure partie du XXe, plus de 150’000 enfants aborigènes, inuits et métis ont été enlevés à leurs communautés et placés de force dans ces écoles. De nombreux élèves ont été victimes d’abus physiques et sexuels, et les peuples autochtones accusent la politique d’»assimilation agressive» des pensionnats pour la perte de leur langue et de leur culture natales.
Le juge de la Cour suprême Murray Sinclair, un autochtone du Manitoba, a été désigné nouveau responsable de Commission le à mi-juin. Il succède au juge Harry LaForme, qui a démissionné en octobre, invoquant des désaccords avec les deux autres membres de la Commission a propos de questions de procédure. Ces derniers ont également été remplacés.
Le juge Sinclair a déclaré que la Commission doit trouver un équilibre entre le besoin, pour les anciens élèves, de raconter leur histoire, et la mise en place d’un projet pour qu’eux et le reste du pays aille de l’avant.
«Le processus de détermination de la vérité est très important mais c’est aussi un processus très complique’, car il y a probablement 100’000 personnes encore en vie aujourd’hui qui ont connu cela et qui ont besoin d’en faire part. Comment peut-on consigner toutes ces histoires ?», a déclaré le juge Sinclair, cité par ENI.
En 2006, un recours collectif en justice qui avait été déposé au nom d’un groupe d’anciens élèves a débouché sur le plus grand arrangement financier dans l’histoire judiciaire du Canada.
Les Eglises anglicane, unie et presbytérienne du Canada ont présenté des excuses officielles pour le rôle qu’elles ont joué dans la gestion de ces pensionnats, tout comme le gouvernement fédéral en 2008.
Le 29 avril, le pape Benoît XVI a exprimé son chagrin pour les abus et le traitement «déplorable» subis par les élèves autochtones dans les pensionnats de l’Eglise catholique romaine.
Il est prévu que la Commission, qui dispose d’un budget de 60 millions de dollars canadiens (38 millions d’euros), organise sept rassemblements nationaux au cours des deux premières années de son mandat de cinq ans. (apic/eni/pr)
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