Obama trace les contours de sa rencontre avec le pape

Barack Obama: «La tradition catholique a eu une grande influence sur ma vie»

Washington, 6 juillet 2009 La tradition catholique a eu une grande influence sur ma vie, a confié le président américain Barack Obama à plusieurs journalistes de la presse catholique, dont Dan Connors, de «Catholic Digest», partenaire de «La Croix» aux Etats-Unis. Le président américain doit rencontrer vendredi 10 juillet Benoît XVI, à l’issue du G8 de L’Aquila.

Dans une longue interview, citée par «La Croix» sur son site internet, Barack Obama met un certain nombre de chose au clair, comme le fait que nombre d’évêques américains ont été critiques à son égard. Ce qui, dit-il, ne l’amènera nullement à cesser de les considérer comme des interlocuteurs: «Un des fondements de notre démocratie est que chacun est libre d’exprimer ses opinions politiques, et je prends au sérieux l’opinion des gens. Je suis le président de tous les Américains, et pas seulement des Américains qui se trouvent être d’accord avec moi».

Les évêques américains, estime le président Obama, ont une profonde influence dans leurs communautés, dans l’Église et au-delà. «Je tiens à dire que, même si certains évêques ont élevé des critiques contre moi, nombre d’entre eux ont aussi été extrêmement généreux et m’ont soutenu, même s’ils n’étaient pas d’accord avec moi sur tous les sujets». «Je pense qu’il y aura toujours des domaines où nous aurons des accords profonds et d’autres où nous seront en désaccord. C’est sain».

Barack Obama s’étend ensuite sur la réunion du G8, sur la crise. «À L’Aquila, l’une des priorités de mon administration sera d’obtenir que les autres pays riches s’alignent sur notre engagement accru de manière significative pour la sécurité alimentaire dans le monde». «Nous avons un plan très solide pour le faire», dit-il.

De quoi parlera-t-il également avec le pape? «Je pense que je parlerai aussi au Saint-Père de la nécessité de lancer des réformes de base – non seulement à l’étranger, mais ici, dans ce pays – pour assurer une sécurité minimum pas seulement pour les pauvres, mais aussi pour la classe moyenne, extrêmement vulnérables aux faillites, si elles tombent malades, si les salaires et les revenus diminuent, ce qui rend de plus en plus difficile pour eux une vie dans la dignité et la sécurité». Obama dit croire encore et toujours que le capitalisme «est le moyen le plus efficace d’engendrer de la richesse»; que l’Église catholique a toujours été une boussole morale puissante sur les questions de redistribution de la richesse et sur la façon dont nous pouvons faire en sorte que chacun ait sa chance».

Le problème de l’avortement a bien entendu été abordé avec Obama, qui a mis en place un groupe pour trouver un terrain commun sur cette question. Réaliste, étant donné la différence entre opposants et partisans? «Nous avons reçu un éventail de perspectives, recueilli des commentaires. Le groupe a travaillé, qui a procédé à des auditions, a été actif. Je devrais recevoir cet été une note qui indiquera là où il y a un terrain d’entente possible et là où il y a des différences irréconciliables. Je n’ai jamais été dans l’illusion que nous allions tout simplement gommer toutes nos différences sur ces questions». «Le mieux que nous puissions faire est de penser que les personnes de bonne volonté peuvent être des deux côtés, mais vous ne pouvez pas écarter ces différences».

Autre sujet: la Terre sainte, après le voyage de Benoît XVI dans la région, qui a plaidé pour une paix juste et durable. «Comment votre administration peut-elle aider à relancer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens ?» «Comme vous le savez, répond Barack Obama, nous avons été très clair en estimant que les implantations doivent cesser. Ce n’est pas une chose facile pour les Israéliens. La colonisation se poursuit depuis des décennies. Et le premier ministre Netanyahou a, je crois, pris au sérieux notre position, mais il doit faire face à ses propres contraintes politiques». D’autre part, assure-t-il, le problème n’est pas seulement celui des colonies israéliennes. «Les Palestiniens ont aussi des obligations. L’Autorité palestinienne en rempli certaines, mais n’est pas assez ferme sur d’autres».

Et d’estimer que «les États arabes environnants ont aussi un rôle à jouer en prenant des mesures pour normaliser les relations avec Israël. Si Israël se prépare à prendre des décisions politiques très difficiles à propos des implantations et, à terme, sur les frontières allouées à un État palestinien, les États arabes doivent prendre eux-mêmes de difficiles décisions politiques, en reconnaissant l’existence d’Israël, sa légitimité et les besoins de sécurité de n’importe quel autre État».

«C’est un sujet dont je suis impatient de parler avec le Saint-Père, car je pense que notre position recoupe largement celle du Saint-Siège. Et je pense que nous pouvons être des partenaires efficaces pour essayer d’amener les parties à se rapprocher». (apic/cx/dc/pr)

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