Rome: La longue histoire des encycliques sociales depuis «Rerum novarum» en 1891
Rome, 6 juillet 2009 (Apic) Intitulée «Caritas in Veritate», la première encyclique sociale de Benoît XVI, consacrée au «développement humain intégral dans la charité et dans la vérité», sera rendue publique le 7 juillet 2009 en milieu de journée.
Elle s’inscrit dans une longue liste qui remonte à Léon XIII (1878-1903). Celui-ci publia en 1891 la première encyclique sociale de l’Eglise, «Rerum novarum». Par la suite, plusieurs papes publièrent un texte magistral à caractère social, en particulier les mises à jour de Rerum novarum qui eurent lieu lors d’anniversaires décennaux. A lui seul, Jean Paul II publia 3 grandes encycliques sociales.
Premier texte magistériel de l’Eglise sur la question sociale, l’Encyclique Rerum novarum (Des choses nouvelles…) fut publiée par Léon XIII le 15 mai 1891. Elle a joué un rôle considérable dans l’élaboration de l’enseignement social de l’Eglise (on parlait à l’époque de ›question ouvrière’). Léon XIII se penchait sur les désordres sociaux tout en dénonçant vigoureusement la misère et l’injustice qui touchaient la classe ouvrière. Alors que le socialisme se présentait comme le remède à ces problèmes, le pape en rejetait les thèses essentielles, comme la lutte des classes, l’abolition de la propriété privée et des biens de production. Il proposait alors une action concertée de l’Eglise et de l’Etat.
Quarante ans après l’Encyclique Rerum novarum, le besoin se fit sentir d’en rappeler l’importance et d’en prolonger la doctrine, en fonction de l’évolution de la situation socio-économique. Ce fut l’objectif de Quadregesimo anno (Il y a quarante ans…) publiée par Pie XI (1922-1939) en mai 1931.
L’évolution du monde économique et social, après la Seconde Guerre mondiale, l’apparition de nouveaux problèmes et les précisions apportées par Pie XII (1939-1958) à la doctrine sociale de l’Eglise au fil de ses divers messages, rendaient nécessaire la publication d’un document officiel répondant aux besoins nouveaux d’une époque, qui n’était plus celle de la révolution industrielle, mais de la société industrielle dans sa maturité. C’est ce à quoi voulut répondre l’Encyclique Mater et Magistra (L’Eglise, Mère et pédagogue…) de Jean XXIII (1958-1963), en juillet 1961.
Deux ans plus tard, en pleine Guerre froide, ce dernier publia Pacem in terris (La paix sur terre…), texte majeur qui montrait les liens entre l’économie et la construction de la paix.
En 1967, Populorum progressio (Le développement des peuples…) de Paul VI (1963-1978) expliqua que la question sociale était devenue mondiale, et que «le développement (était) le nouveau nom de la paix».
C’est avec pas moins de 3 grandes encycliques sociales que Jean-Paul II a ensuite enrichi la doctrine sociale de l’Eglise.
La première à caractère purement social, Laborem exercens (L’homme au travail…), fut publiée en septembre 1981, 90 ans après Rerum novarum. Le pape polonais y expliquait que l’économie devait être au service de l’homme, et non le contraire.
Puis, le pape aborda la question sociale telle qu›elle se posait à l’échelle planétaire dans Sollicitudo rei socialis (L’intérêt actif que porte l’Eglise à la question sociale…), publiée en décembre 1987 à l’occasion du 20e anniversaire de l’Encyclique Populorum progressio. Cette nouvelle encyclique appliqua au tiers-monde la critique des systèmes économiques en référence aux droits de la personne et plaida pour l’exercice responsable des libertés civiles. La rédaction du texte, fruit d’apports multiples au sein de la curie, donna à certains l’impression que le pape établissait une équivalence entre les deux ›blocs’, capitaliste et marxiste.
Enfin, le 1er mai 1991, Centesimus annus (Il y a 100 ans…), confirma, à l’occasion du centenaire de l’Encyclique Rerum novarum, la doctrine sociale de l’Eglise et marqua la fin du «socialisme existant». Elle analysa l’économie de marché comme une expression de la créativité humaine, en fit une arène de responsabilité morale et en appela à la primauté des valeurs et de la culture.
On compte ainsi avant la publication de Caritas in Veritate de nombreuses encycliques sociales à proprement parler. Néanmoins, de nombreux textes et lettres apostoliques évoquèrent également les questions sociales de leur époque. Ce fut par exemple le cas de la constitution pastorale conciliaire Gaudium et Spes (Joies et espoirs des hommes…) qui, en 1965, entendait exprimer les rapports entre l’Eglise et le monde. (apic/imedia/cl/ami/pr)
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