Rome: Benoît XVI appelle au respect de l’environnement et de la vie

Pour une écologie authentique

Rome, 7 juillet 2009 (Apic) «Caritas in veritate», la troisième encyclique du pontificat de Benoît XVI, consacrée au «développement humain intégral dans la charité et dans la vérité», invite au respect de l’environnement, à une «maîtrise responsable sur la nature», ce qui implique, aux yeux du pape, un nécessaire changement de mentalité ainsi que le respect de la vie. Plus largement, Benoît XVI appelle à «la tenue morale de la société dans son ensemble». L’encyclique «Caritas in veritate», (L’Amour dans la Vérité), a été rendue publique le 7 juillet 2009 en milieu de journée.

«La façon dont l’homme traite l’environnement influence les modalités avec lesquelles il se traite lui-même et réciproquement»: Benoît XVI évoque ainsi dans sa première encyclique sociale le thème de l’environnement, lié, selon lui, de manière évidente, à celui de la vie.

Alliance entre l’être humain et l’environnement

Aux yeux de Benoît XVI, il y a de la place pour tous sur la terre, et l’homme doit pouvoir exercer une maîtrise responsable sur la nature. Le pape demande ainsi de prendre «conscience du grave devoir que nous avons de laisser la terre aux nouvelles générations dans un état tel qu’elles puissent elles aussi l’habiter décemment et continuer à la cultiver». «Cette responsabilité est globale». Il souhaite ainsi une véritable «alliance entre l’être humain et l’environnement».

Pour le pape, «l’Eglise a une responsabilité envers la création». En effet, elle doit préserver non seulement la terre, l’eau et l’air, explique Benoît XVI, mais «elle doit aussi surtout protéger l’homme de sa propre destruction».

«Protéger l’homme de sa propre destruction»

Le pape estime alors qu’»une sorte d’écologie de l’homme, comprise de manière juste, est nécessaire». La dégradation de l’environnement est en effet étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine: quand l’»écologie humaine» est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage, avance le souverain pontife.

Ainsi, le pape demande que la communauté internationale et chaque gouvernement sachent contrecarrer efficacement les modalités d’exploitation de l’environnement qui s’avèrent néfastes. Aux yeux de Benoît XVI, l’une des plus importantes tâches de l’économie est précisément l’utilisation la plus efficace des ressources, et non leur abus. Le pape considère alors que «la paix des peuples et entre les peuples permettrait aussi une meilleure sauvegarde de la nature», et soutient ainsi que «l’accaparement des ressources, spécialement de l’eau, peut provoquer de graves conflits parmi les populations concernées».

La nature n’est pas plus importante que la personne humaine elle-même

Evoquant le rapport de l’homme avec l’environnement naturel, Benoît XVI explique que la nature n’est pas à disposition des hommes «comme un tas de choses répandues au hasard». Cependant, soutient Benoît XVI, «considérer la nature comme plus importante que la personne humaine elle-même est contraire au véritable développement».

La société actuelle doit réellement reconsidérer son style de vie, affirme alors le pape, avant d’avancer qu’un véritable changement de mentalité est nécessaire. Il appelle alors à «la tenue morale de la société dans son ensemble», car «exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction quand l’éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes».

Le respect de soi et de la vie

«L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement», affirme aussi Benoît XVI avant de prôner le respect de la vie. Le pape donne alors en exemple les pays économiquement plus développés, dans lesquels les législations «contraires à la vie sont très répandues», et contribuent à diffuser une mentalité antinataliste «comme si c’était là un progrès culturel».

Benoît XVI regrette alors que certaines organisations non-gouvernementales travaillent activement à la diffusion de l’avortement, et promeuvent parfois dans les pays pauvres l’adoption de la pratique de la stérilisation, y compris à l’insu des femmes.

«Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, poursuit-il, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme». Le souverain pontife demande «l’accueil de la vie» et condamne alors les désirs égoïstes des peuples riches.

Les défis moraux de la bioéthique

Ainsi, le pape affirme que tandis que les pauvres du monde frappent aux portes de l’opulence, «le monde riche risque de ne plus entendre les coups frappés à sa porte, sa conscience étant désormais incapable de reconnaître l’humain». Benoît XVI aborde alors la bioéthique, située entre «la technique considérée comme un absolu» et la responsabilité morale de l’homme. Le pape donne alors en exemple «la fécondation ›in vitro’, la recherche sur les embryons, la possibilité du clonage et de l’hybridation humaine». Il condamne la manipulation de la vie et se désole que l’homme puisse croire «avoir dissipé tous les mystères» parce qu’il est parvenu à la racine de la vie.

Benoît XVI cite également l’encyclique «Humanae vitae» de Paul VI, qui posait comme fondement de la société le couple des époux, homme et femme, «ouvert à la vie». Cette encyclique montrait ainsi les liens forts qui existent entre éthique de la vie et éthique sociale.

Le pape considère que l’ouverture moralement responsable à la vie est une richesse sociale et économique et que pour fonctionner correctement, «l’économie a besoin de l’éthique». Le pape évoque enfin la diminution des naissances, qui met en difficulté les systèmes d’assistance sociale, car elle en augmente les coûts, réduit le volume de l’épargne, réduit la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée. Aussi, le pape appelle les Etats à mettre en œuvre des politiques «qui promeuvent le caractère central et l’intégrité de la famille». (apic/imedia/lb/be)

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