La présidente aurait soutenu la guerre civile de 1989 à 2003
Monrovia, 7 juillet 2009 (Apic) La Commission Vérité et Réconciliation du Liberia (CVRL) a recommandé lundi 6 juillet 2009, dans une partie de son rapport final, d’interdire à la présidente Ellen Johnson Sirleaf toute fonction officielle pendant 30 ans. Economiste formée aux Etats-Unis, Ellen Johnson Sirleaf est accusée d’avoir soutenu la sanglante guerre civile qui a ravagé le pays de 1989 à 2003.
La CVRL a également préconisé le jugement de huit anciens chefs de guerre dont Charles Taylor pour leur participation aux atrocités.
Présidente du Libéria depuis le 16 janvier 2006, Ellen Johnson Sirleaf est la première femme élue au suffrage universel, dans un scrutin pluraliste, à la tête d’un Etat africain. La Commission lui reproche d’avoir collaboré avec l’ex-dictateur Charles Taylor, celui-là même qui a déclenché la guerre civile au Liberia en novembre 1989, avant d’être élu président de 1997 à 2003. Poursuivi pour crimes contre l’humanité, il a été arrêté et incarcéré à La Haye depuis deux ans.
Pour la CVRL, la présidente Ellen Johnson Sirleaf et les autres personnes citées, ont été « les financiers et les leaders politiques des différentes factions » rivales pendant la guerre.
Lors de son audition devant la Commission, en février dernier, la présidente Sirleaf avait démenti avoir été membre du mouvement rebelle de Charles Taylor. Elle avait cependant reconnu avoir rencontré Taylor plusieurs fois pendant la guerre civile, tout en admettant également avoir collecté des fonds pour Taylor lorsqu’il se préparait à renverser le président libérien Samuel Doe dans les années 80.
La présidente libérienne, qui est âgée de 70 ans, bénéficie d’une image positive au sein de la communauté internationale. En revanche, elle est critiquée à l’intérieur de son pays à cause de la lenteur de la reconstruction et de l’insuffisance de la lutte contre la corruption. Elle n’avait pas réagi aux recommandations de la Commission. Les autres personnalités libériennes dont des membres du gouvernement, du sénat, du parlement, citées dans le rapport ont également nié les faits.
Pour être validé, le rapport de la Commission doit être adopté par le parlement. Or, avec l’incrimination de députés, son approbation est peu sûre. Les chances de son adoption par le parlement sont minces. La CVRL a été créée en 2006 pour enquêter sur les crimes commis de 1979 à 2003, notamment pendant la guerre civile (1989-2003). (apic/ibc/be)
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