Rome: Le Vatican se prépare à accueillir Barack Obama

Des mesures de sécurité particulièrement importantes

Rome, 10 juillet 2009 (Apic) A quelques heures de la première visite au Vatican du président des Etats-Unis Barack Obama, le 10 juillet en milieu d’après-midi, le petit Etat et ses alentours étaient en plein préparatifs. Comme à chaque visite d’un président américain, les mesures de sécurité étaient particulièrement importantes.

Alors que le dispositif policier était en place depuis plusieurs heures, la ›Via della Conciliazione’, la grande artère qui mène du Tibre à la place Saint-Pierre, avait été entièrement interdite au stationnement dès la veille au soir. Les innombrables bus touristiques qui la remplissent habituellement avaient aussi disparu du paysage.

Dans la matinée, des pompiers italiens s’affairaient autour des bouches d’égout de la ›Via della Conciliazioné et inspectaient les conduites souterraines. Sur la longue avenue, les poubelles étaient toutes scellées et de nombreux commerces avaient fait le choix de fermer boutique pour la journée.

Visite privée pour Michelle Obama

La basilique Saint-Pierre devait fermer quant à elle dès 12h en vue de la visite, à 14h45, de Michelle Obama, l’épouse du président, et de leurs deux filles, Malia et Sasha, respectivement âgées de 11 et 8 ans. Après avoir visité la basilique vaticane et la crypte abritant les tombeaux des papes, la ›first lady’ et sa suite se rendront dans le Palais apostolique. Ce groupe de privilégiés visitera particulièrement la Chapelle Sixtine, fermée pour l’occasion, avant de rejoindre la délégation américaine pour l’audience avec Benoît XVI.

Arrivé au Vatican un peu avant 16h, le 44e président des Etats-Unis sera d’abord reçu en audience par le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, dans une salle du deuxième étage du Palais du Vatican. Puis, à 16h15, Barack Obama sera reçu par le pape dans la bibliothèque apostolique, située non loin de là, lieu habituel des audiences accordées aux chefs d’Etats.

Lors du traditionnel échange de cadeaux, le président des Etats-Uns devrait offrir au pape une étole ivoire brodée d’or posée depuis une vingtaine d’années sur le corps du premier saint américain, saint John Neumann (1811-1860).

Cette audience ne comportera pas de discours, mais devrait donner lieu à un communiqué officiel du Saint-Siège et à une intervention du porte-parole de la Maison Blanche. Après sa rencontre avec Benoît XVI, Barack Obama quittera Rome pour s’envoler vers le Ghana où il effectuera sa première visite en Afrique en tant que chef d’Etat.

Points d’accord et de divergence

Depuis la visite du président Woodrow Wilson en 1919 à Benoît XV (1914-1922), au sortir de la Première Guerre mondiale, Barack Obama est le 12e président des Etats-Unis à être reçu au Vatican. C’est cependant la première fois que Benoît XVI et Barack Obama se rencontreront. Les deux hommes devraient s’entretenir environ une demi-heure en privé. Ce premier entretien sera certainement l’occasion d’évoquer les points d’accord et les divergences entre Rome et Washington. Ainsi, le Saint-Siège a plusieurs fois fait part de ses fortes réserves face aux positions pro-avortement du président démocrate, également favorable à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. En mars dernier, Barack Obama avait ainsi autorisé le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, refusé par son prédécesseur.

Pour autant, le Saint-Siège avait affirmé avoir «beaucoup apprécié» le discours de Barack Obama à l’université Al-Azhar du Caire (Egypte), le 4 juin dernier, évoquant les rapports entre les Etats-Unis et le monde islamique, mais aussi la paix dans le monde. L’Osservatore Romano s’était également félicité du discours du président américain prononcé «sans fermer les yeux face aux divergences et aux tensions» et en proposant «un nouveau commencement dans les rapports entre les Etats-Unis et le monde islamique».

Le démocrate Barack Obama, âgé de 47 ans et premier président afro-américain des Etats-Unis, a été élu le 4 novembre 2008. Il est à la tête du pays depuis le 20 janvier 2009. Au jour de son investiture, dans un télégramme envoyé au nouveau président, Benoît XVI avait évoqué l’»héritage religieux et politique impressionnant» des Etats-Unis.

C’est sous la présidence de George W. Bush, du 15 au 20 avril 2008, que Benoît XVI avait effectué son voyage apostolique aux Etats-Unis, faisant étape à Washington, la capitale, et à New York. Les points forts du deuxième déplacement outre-Atlantique de Benoît XVI avaient été sa rencontre avec les évêques d’une Eglise encore profondément marquée par les affaires de pédophilie, et un discours prononcé à la tribune des Nations unies.

L’ancien président des Etats-Unis, George W. Bush, avait effectué plusieurs visites au Vatican, en juin 2008 et en juin 2007 sous le pontificat de Benoît XVI. Auparavant, George W. Bush avait été reçu par Jean Paul II (1978-2005) à trois reprises: en juillet 2001 à Castel Gandolfo, en mai 2002 et en juin 2004 au Vatican. (apic/imedia/ami/bb)

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