Cameroun: Le cardinal Tumi mobilise 20’000e personnes contre le protocole de Maputo

Amalgame de l’église camerounaise dénoncé par les partisans du protocole de Maputo

Yaoundé, 12 juillet 2009 (Apic) quelque vingt mille personnes ont manifesté samedi 11 juillet 2009 à Douala, seconde ville du Cameroun, au sud, pour protester contre l’avortement médicalisé et l’homosexualité, à l’appel du cardinal Christian Tumi, archevêque de la ville. Les partisans de ce protocole dénoncent l’amalgame fait entre avortement et homosexualité.

Les manifestants entendaient protester contre l’article 14 du Protocole additionnel de Maputo sur «le droit de la femme à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction», dénoncé déjà par la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CNEC), lors de 34e session plénière, du 24 au 27 juin à Yaoundé.

Adoptée en juillet 2003, par un sommet de l’Union africaine dans la capitale mozambicaine, cette disposition fait partie de la convention africaine des droits de la femme. Elle est considérée par ses adversaires, comme un feu vert à la libéralisation de l’avortement.

Selon l’Agence France Presse, la manifestation de Douala était encadrée par la police, et s’est déroulée sans incident. Les manifestants sont partis de différentes paroisses de la ville. Ils se sont rencontrés dans les grands carrefours, avant de converger vers la cathédrale où s’est tenue une messe.

La marche était une protestation «contre la ratification, par le Cameroun du protocole de Maputo. Au nom de son pays, le président Paul Biya a ratifié la convention en mai dernier.

Après la messe, une délégation conduite par le cardinal Tumi est allée remettre une pétition munie de 30’000 signatures au gouverneur de la région de Douala, Francis Yengo Faï, «pour transmission au président de la République».

En réaction à cette manifestation, «Alternatives-Cameroun», une Organisation non gouvernementale (ONG) camerounaise de défense des droits de l’Homme, a accusé l’archidiocèse de Douala de faire de «l’amalgame délibéré» dans ses actions, en prétendant que le protocole de Maputo vise à promouvoir «l’avortement et l’homosexualité». Le protocole «octroie (…) différents droits aux femmes africaines dont celui de l’avortement médicalisé». Il «ne parle d’aucune manière d’homosexualité», a souligne l’ONG. (apic/ibc/pr)

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