Le cuisant échec de la politique du président Uribe
Bogota, 17 juillet 2009 (Apic) Durant la seule année 2008, quelque 380’000 nouveaux déplacés, civils, ont rejoint la longue liste des personnes déplacées par la guerre, avec une augmentation de plus de 27% par rapport à l’année précédente. Un chiffre qui met en lumière l’échec de la politique du président Uribe.
Cette population déplacée, invisible, est estimée au total entre trois et quatre millions de personnes, protagonistes malgré elles de la seconde crise humanitaire la plus grave au monde, selon l’Onu, derrière celle du Soudan.
En vertu des chiffres fournis par l’organisation colombienne de défense des droits de l’homme (Codhes), Amnesty International a publié jeudi un nouveau rapport intitulé «Tout abandonner. Le déplacement interne en Colombie», qui décrit «l’un des drames les mieux cachés de notre époque et dément les affirmations du gouvernement colombien selon lesquelles le pays a surmonté son passé difficile», selon Marcelo Pollack, directeur adjoint du Programme des Amériques de l’organisation.
La réalité semble en effet bien différente des allégations du gouvernement, bien que le responsable d’Amnesty reconnaisse néanmoins quelques progrès, comme la diminution du nombre des enlèvements et des meurtres rattachés au conflit armé, tout en mettant l’accent sur la «Colombie invisible» où les civils, et notamment les indigènes, les Afrocolombiens et les paysans, restent les principales victimes des affrontements entre guérilla, force publique et paramilitaires.
Dans un tel contexte, bien que théoriquement démantelés mais réapparus sous de nouvelles formes, les escadrons de la mort d’extrême droite, initialement formés en tant que mouvements d’autodéfense, ont accumulé de considérables richesses, notamment grâce aux mondes politique et des entrepreneurs, essentiellement issues de l’appropriation illégale des terres.
On estime qu’ils possèdent de vastes étendues de terrains allant de quatre à six millions d’hectares, autrefois propriétés des paysans pauvres avant que ceux-ci ne soient chassés de chez eux.
Le gouvernement, incapable de réagir, favorisant même ce état de fait, a été exhorté à intervenir pour mettre fin au déplacement forcé de civils en leur rendant leurs terres et leurs biens.
Mais pour ce faire, a précisé Pollack, le gouvernement devrait reconnaître l’existence du conflit armé (ce que le président Alvaro Uribe, ultralibéral, a démenti à maintes reprises en public), de manière à pouvoir appliquer à ces personnes le droit international humanitaire. (apic/misna/pr)
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