Zones d’ombre dans les violences à Bagua mises en évidence par l’ONU
Lima, 22 juillet 2009 (Apic) Les violences survenues du 5 au 6 juin à Bagua, dans le Nord-est de l’Amazonie péruvienne, doivent être l’objet d’enquêtes sous l’égide de la communauté internationale, a déclaré James Anaya, rapporteur spécial de l’Onu pour les peuples indigènes.
Il rendait ainsi public son rapport sur les heurts entre autochtones et policiers à la suite de deux mois de mobilisations des peuples originels contre les politiques d’exploitation des ressources naturelles mises en œuvre par le gouvernement.
Le document résume 50 «observations» du rapporteur, qui affirme ne pas avoir réuni les éléments nécessaires à réfuter le bilan des troubles fourni par le gouvernement – 34 morts dont 20 policiers et 14 civils – ou à certifier l’existence de fosses communes.
Les organisations indigènes avaient affirmé que les agents de l’ordre avaient jeté plusieurs corps dans la rivière.
James Anaya a mis l’accent sur la persistance de nombreuses ombres sur les faits dues à des «versions divergentes et dépourvues de cohérence». Le rapporteur pour les peuples indigènes n’a épargné de ses critiques ni le gouvernement péruvien ni le Parquet général ni le ministère de l’Intérieur pour avoir focalisé leur attention sur les éventuels délits commis par les indigènes et non pas sur ceux de la police. Cela d’autant plus que les enquêtes des autorités ont abouti à la délivrance de plusieurs mandats d’arrêt contre des dirigeants indigènes organisateurs de la mobilisation (dont trois ont dû s’exiler au Nicaragua), «mettant en péril le processus de dialogue» entrepris avec les mouvements autochtones.
Anaya a en outre dénoncé les persécutions subies par les communautés indigènes après les violences de début juin, effectuées sans mandat. Le rapport conclut que les enquêtes doivent être menées par une commission indépendante en collaboration avec les peuples indigènes et des experts internationaux.
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