Mexique: Le CELAM dénonce l’enlèvement de masse des immigrés

L’œuvre d’une délinquance organisée

Mexico, 24 juillet 2009 (Apic) Le Conseil épiscopal d’Amérique latine a dénoncé l’enlèvement massif des immigrés dans différentes parties du Mexique. En six mois, des bandes organisées ont enlevé environ 10’000 immigrés. Dans la plupart des cas, ils n’ont été libérés qu’après avoir payé une grosse rançon.

Une enquête sur ces enlèvements a été menée par la Commission Nationale pour les droits de l’homme du Mexique, relève l’agence catholique Fides. C’est suite à la diffusion de ce rapport que l’Observatoire Pastoral du CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) a rédigé un message dans lequel il dénonce ces enlèvements.

L’enquête concerne une période de six mois, de septembre 2008 à février 2009, durant laquelle l’organisme a enregistré 198 affaires d’enlèvement d’immigrés, touchant 9’758 personnes. Selon les données recueillies, ces enlèvements ont été l’œuvre surtout d’une délinquance organisée, qui compte sur des réseaux et des ressources. En certain cas, sont également impliquées des autorités mexicaines.

Le Mexique comme pays d’origine, de transit, de but et de retour des migrants, représente une des frontières migratoires dont l’affluence est la plus grande au monde, souligne l’agence Fides. Chaque année, selon le chiffre du Conseil National de la Population, environ 550’000 Mexicains émigrent aux Etats-Unis. Dans le même temps, dans les dernières trois années, l’Institut National pour la Migration a rencontré une moyenne annuelle de 140’000 immigrants sans documents, provenant en majorité des pays d’Amérique Centrale qui cherchent à entrer aux Etats-Unis.

Peu d’action des autorités pour combattre ce fléau

Par ailleurs, cette situation se voit aggravée par la grande extension et par le risque élevé des difficultés que les personnes doivent parcourir le long du territoire national, qui les exposent et les rendent vulnérables à n’importe quel type de violation de leurs droits humains. Les risques de ce parcours prolongé incluent la possibilité de subir un enlèvement, surtout à partir de 2007, quand pour la première fois sont enregistrés quelques cas. Malgré ce danger reconnu, il y a peu d’action de la part des autorités pour combattre ce fléau qui touche ceux qui émigrent au Mexique. Dans la grande partie des cas, les délits restent impunis et révèlent des caractéristiques d’apathie, d’omission et de corruption. Des données obtenues par la recherche, on en déduit l’inefficacité du système judiciaire pour prévenir, enquêter, poursuivre et punir l’enlèvement d’immigrés, ainsi qu’un désintérêt évident des autorités pour prévenir le délit, protéger les victimes et consentir la réparation des dommages. (apic/fides/bb)

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