La «soif de gain» avant la défense de la vie

Rome: Mgr Fisichella dénonce la « banalisation’ de la vie qu’entraîne la pilule abortive

Rome, 2 août 2009 (Apic) Mgr Rino Fisichella dénonce la « banalisation » de la vie qu’entraîne la pilule abortive. Le président de l’Académie pontificale pour la vie s’est élevé, vendredi 31 juillet 2009, contre la «banalisation» de la vie qu’entraîne la commercialisation de la pilule RU 486. La pilule abortive avait reçu, la veille, le feu vert des autorités sanitaires italiennes.
Parmi les accusés, ceux qui ont recours à cette technique abortive qualifiée de «traumatisante» et qui doivent «être conscients de la gravité objective de leur geste», mais également les laboratoires pharmaceutiques qui placent la «soif de gain» avant la défense de la vie.

Dans un long article paru en une de « L’Osservatore Romano » du 31 juillet 2009, Mgr Fisichella a déploré cette «banalisation» de la vie dans une société où «la conscience s’assouplit et devient progressivement incapable d’avoir un jugement sérieux et véridique».

En effet, selon le président de l’Académie pontificale pour la vie, l’utilisation de la RU 486 ne rend pas l’avortement moins traumatisant, il le renferme seulement encore plus dans la solitude de la femme. «Ceux qui y ont recours doivent connaître les conséquences canoniques auxquelles ils s’exposent, mais doivent surtout être conscients de la gravité objective de leur geste», a rappelé le haut prélat.

«Il est inutile de tergiverser, la pilule RU 486 est une technique abortive car elle tend à supprimer l’embryon, nidifié depuis peu dans l’utérus de la mère», a renchéri Mgr Fisichella, s’élevant contre ceux qui considèrent l’embryon comme un «amas de cellules» ou qui ont «l’impudence de la définir comme de la moisissure».

Face à la «triste tendance» de la banalisation de la vie, l’Eglise ne doit jamais assister de manière passive à ce qu’il se passe dans la société, a affirmé le haut prélat alors que les réactions se multipliaient au sein de la gauche italienne accusant le Vatican d’ingérence. «Notre opposition à toute technique d’avortement vise à affirmer chaque jour le « ’oui’ à la vie avec tout ce que cela comporte», a ajouté Mgr Fisichella, en rappelant l’urgence de l’éducation des jeunes.

Les laboratoires en ligne de mire

«L’application de la pilule RU 486 comme technique abortive a été une voie de repli pour récupérer les capitaux investis après la constatation de l’échec de l’expérimentation qui avait été programmée», a en outre estimé le président de l’Académie pontificale pour la vie. Selon lui, «ce détail ’banal’ en dit déjà long sur l’objectif de certaines des recherches qui sont effectuées dans les laboratoires».

C’est en travaillant sur un projet de recherche de traitements visant à supprimer les effets secondaires néfastes des corticoïdes que les laboratoires Roussel-Uclaf aboutirent dans les années 1980 au RU 486, découvrant que ce produit était aussi un anti-progestérone.

«Oublier que la science et la recherche technologique doivent d’abord promouvoir la vie et sa qualité entraîne un glissement inévitable amenant à mettre au premier plan la soif de gain, et non pas la sauvegarde de la nature», a mis en garde Mgr Fisichella dans les colonnes du quotidien du Vatican, avant d’accuser ceux qui mettent en avant la neutralité de la science «à des moments précis avec pour seul but de répandre un produit plutôt que pour rappeler la valeur fondamentale de la recherche».

Dans la soirée du 30 juillet 2009, après plusieurs heures de réunion, le conseil d’administration de l’agence italienne du médicament (Aifa) avait accédé à la demande faite en 2007 par le laboratoire français Exelgyn de mise sur le marché italien de la pilule abortive, un médicament autorisé en France depuis 1988. (apic/imedia/cp/lb/be)

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