Zurich: L’Eglise protestante prévoit des réductions de salaire pour ses pasteurs

En cause, la crise financière et la baisse du nombre de fidèles

Zurich, 2 août 2009 (Apic) L’Eglise évangélique réformée du canton de Zurich prévoit des réductions de salaire pour ses collaborateurs à hauteur de 3%, selon l’édition dominicale du quotidien zurichois NZZ.

Selon le journal zurichois, qui se réfère à une publication destinée aux collaborateurs de l’Eglise, les personnes touchées seraient les pasteurs et d’autres collaborateurs de l’Eglise. Cependant, aucune décision n’a encore été prise d’appliquer ces mesures. La raison de ces mesures d’austérité est, outre le recul des rentrées fiscales dû à la crise, la nouvelle loi ecclésiastique du canton de Zurich qui doit entrer en vigueur en 2010.

Elle prend désormais en compte le nombre des fidèles pour fixer les contributions de l’Etat. Ainsi, les réformés devraient encaisser annuellement jusqu’en 2014 quelque 14 millions de francs en moins. Par contre, les catholiques zurichois compteront parmi les principaux gagnants de la nouvelle réglementation. Malgré la baisse des rentrées fiscales, l’Eglise réformée ne prévoit pas des baisses salariales dans d’autres secteurs.

Notons que ce printemps, l’Eglise réformée du canton de Zurich annonçait qu’elle allait supprimer – sans licenciement – de 15 à 20 postes de pasteurs dans les trois prochaines années, ce qui touche entre 5 et 6 % des quelque 360 paroisses du canton. Lors des prochains départs à la retraite, certains postes ne seront pas repourvus. De plus, il est envisagé de réduire les taux d’occupation de certains pasteurs.

L’Eglise zurichoise s’est rendue à l’évidence: la baisse constante de ses membres et de ses rentrées financières ne lui permettent pas de continuer d’assumer le même nombre de chaires pastorales. Les Eglises zurichoises avaient dû revoir leur ordonnance ecclésiastique en 2003. L’Eglise réformée avait entrepris un vaste chantier, Réforme 06, pour envisager une sérieuse restructuration et faire face à une réduction annoncée de 10 à 15 millions des contributions de l’Etat.

Pas qu’à Zurich

Toutes les Eglises réformées cantonales vivent pratiquement ce genre de difficultés. Devant la réduction du nombre de fidèles et la baisse des rentrées financières, elles se voient contraintes de réduire la voilure pour continuer à assumer leurs missions, rappelait récemment l’agence de presse ProtestInfo. L’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) avait dû supprimer un poste sur quatre entre 2005 et 2007, passant de 100 à 75 postes de ministres. Elle avait évité les licenciements par le jeu des départs volontaires (avec garantie de retour possible) et des retraites anticipées.

Avant elles, en 2004, l’Eglise protestante de Genève (EPG) avait dû supprimer 11 postes de pasteurs et diacres pour équilibrer ses finances. L’EPG n’avait pu éviter quelques licenciements, un rééquilibrage par des départs à la retraite et des démissions volontaires ne suffisant pas. Confrontées à des coupes budgétaires en 2005, l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) avait pour sa part dû supprimer 18 postes.

Partout en Suisse, la population se déclarant protestante et se rattachant aux Eglises réformées historiques ne cesse de fondre depuis les années 1950. Genève ne compte par exemple aujourd’hui plus que 17% de protestants, relève ProtestInfo. «De plus, la population réformée semble se désinvestir des enjeux financiers de l’Eglise. A Neuchâtel par exemple, parmi les contribuables qui se déclarent protestants, seuls 30% d’entre eux participent à la vie financière de l’Eglise, selon une étude publiée en 2006». Neuchâtel et Genève, où la contribution ecclésiastique est volontaire, connaissent toutefois une situation bien différente de Zurich et de Vaud. (apic/nzz/protestinfo/be)

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