En accusant indigènes et Eglise catholiques
Lima, 4 août 2009 (Apic) La tension s’accentue entre le gouvernement et les communautés indigènes d’Amazonie, à l’origine il y a quelques mois d’une massive mobilisation contre la politique d’exploitation des ressources de la forêt, soldée par 34 victimes au moins et la démission du Premier ministre Yehude Simon.
Le gouvernement de Garcia accuse pêle-mêle les indigènes, des radios et des éléments de l’Eglise catholique de la région amazonienne d’être à l’origine du soulèvement indigène. Ce que réfutent énergiquement ces derniers.
Après avoir suspendu deux des 11 décrets contestés par les populations natives et s’être engagé à réviser les autres, le gouvernement du président Alan Garcia a attisé le conflit en imputant aux organisations indigènes les violences survenues du 5 au 6 juin derniers à Bagua où la police était intervenue pour disperser un groupe d’autochtones qui bloquaient un axe routier.
Devant le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’Onu, à Genève, le ministre péruvien de la Justice, Aurelio Pastor, a soutenu que les 34 victimes de Bagua – 10 civils et 24 policiers, selon les bilans officiels – avaient été causées par « des indigènes, métis et autres personnes excitées par des groupes extrémistes », démentant par ailleurs tout « massacre d’indigènes ».
Pastor, cité par l’AFP, aurait ajouté que les natifs auraient été influencés par des stations radiophoniques et l’Église catholique.
Cependant, le ministre est par la suite revenu sur ses déclarations, affirmant se référer à « un membre de l’Église catholique », sans ajouter néanmoins de plus amples détails. De leur côté, les responsables de plusieurs organisations non gouvernementales ont catégoriquement rejeté les affirmations de Pastor : « Les peuples indigènes se sont soulevés pour réclamer justice : il y a eu des meurtres et nos morts ont été jetés dans la rivière », s’est insurgé Gaina Limache, de l’ong Casa Andina.
A Lima, Roger Nájar Kokally, président de la Commission des peuples andins et amazoniens près le parlement, a déploré l’absence de volonté affichée par le gouvernement suite à son refus de nommer une commission législative pour élucider les heurts de Bagua. Selon Nájar Kokally, « il n’y a aucune volonté politique de trouver une solution négociée aux problèmes de l’Amazonie car les gouvernements en exercice aspirent à appliquer à la forêt le modèle néolibéral et non pas une politique de développement durable ». (apic/misna/pr)
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