Suisse: Les adventistes rejettent l’initiative populaire contre la construction de minarets
Zurich, 5 août 2009 (Apic) A l’instar de nombreux organismes d’Eglise, tant catholiques que protestants, la Fédération des Eglises Adventistes de Suisse alémanique rejette l’initiative « Contre la construction de minarets », lancée au printemps 2007 par des membres de l’UDC (Union démocratique du Centre) et de l’UDF (Union démocratique fédérale). Elle estime dans un communiqué que « la liberté religieuse vaut pour tout le monde ».
Parmi les trois objets soumis à la votation populaire le 29 novembre figure I’initiative populaire « Contre la construction de minarets ». Ses initiateurs veulent faire inscrire dans la Constitution fédérale: « La construction de minarets est interdite ». Le conseil national, en mars dernier par 129 voix contre 50, et le conseil des Etats, le 5 juin par 36 voix contre 3, ont clairement rejeté cet objet, mais ont renoncé à le déclarer non valide.
Aux yeux des adventistes suisses, une telle disposition constitutionnelle prévoyant une interdiction générale aurait des effets discriminatoires et contredirait ainsi les fondements d’un Etat de droit qui a ancré les droits fondamentaux dans sa Constitution.
Depuis sa fondation au cours du XIXe siècle en tant qu’Eglise libre, l’Eglise adventiste du septième jour s’est toujours engagée avec détermination partout dans le monde pour la préservation des droits de l’homme et la protection de la liberté religieuse et la liberté de conscience pour toutes les communautés religieuses, écrit-elle dans son communiqué. Evangélique, héritière des apôtres et de la Réforme, l’Eglise Adventiste a adopté le primat protestant accordé à la Bible (sola scriptura) et la doctrine de la justification par la foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et de nature divine lui-même (sola fide, sola gratia).
Les adventistes suisses sont d’avis que la construction de minarets doit être réglée dans le cadre des dispositions et des règlements de construction existants. Comme l’érection de minarets n’est pas une disposition contraignante pour l’islam, l’Eglise adventiste recommande aux communautés musulmanes de prendre en compte les sentiments et les états d’âme de la population.
Dans une étude confiée par l’Office fédéral de la statistique au chercheur suisse Claude Bovay – chargé d’une analyse détaillée des résultats du recensement sur le plan religieux et de leur évolution de 1970 à 2000 – on voit que sur une population de 7’288’010 habitants, 2’408’049 (33,04%) appartenaient en l’an 2000 à l’Eglise évangélique réformée et 3’047’887 (41,82%) à l’Eglise catholique romaine. Le troisième groupe par ordre d’importance n’était pas une religion, mais le groupe en croissance rapide des personnes se déclarant « sans appartenance »: il atteignait en effet 809’838 (11,11%). Suivaient les musulmans, au nombre de 310’807 (4,26%) et les orthodoxes (131’851, soit 1,81%).
Une comparaison des résultats des recensements de 1970 et 2000 montre une érosion de l’appartenance aux deux « grandes Eglises » (catholique et protestante), mais la diminution est plus nettement marquée parmi les protestants. Néanmoins, il faut noter que plus de 70% de la population continue de déclarer une appartenance protestante ou catholique. Actuellement, on estime la présence musulmane en Suisse à environ 350’000 personnes, en majorité d’origine européenne. Les musulmans de Suisse disposent de 150 à 200 locaux qui peuvent également être utilisés comme mosquées. (apic/com/be)
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