«Précurseur de Vatican II»

Grande-Bretagne: Le cardinal Newman sera béatifié le 2 mai 2010 à Birmingham

Londres, 6 août 2009 (Apic) Le cardinal anglais John Henry Newman (1801-1890) sera béatifié le 2 mai 2010 à à la cathédrale de Birmingham. La date a été choisie en raison de la fête de saint Athanase qui a joué un rôle central dans la pensée théologique du prélat anglais.

La Congrégation romaine pour les causes des saints a reconnu le 3 juillet dernier qu’une guérison miraculeuse avait eu lieu grâce à l’intercession du cardinal Newman. John Henry Newman est né le 21 février 1801 à Londres. Fils de banquier, il fait à l’âge de 15 ans une expérience spirituelle qui le marquera toute sa vie. Il passe près de trente ans de sa vie à l’Université d’Oxford comme étudiant et comme enseignant et pasteur. Il est alors devenu un prédicateur très écouté et très influent dans le pays. Il est ordonné prêtre anglican en 1825.

La lecture et le commentaire des Pères de l’Eglise l’amènent à s’interroger sur les fondements de l’Eglise. Il devient le chef de file d’un mouvement de renouveau théologique, liturgique et spirituel au sein de l’anglicanisme, le « Mouvement d’Oxford ».

En 1832, Newman publie son premier grand texte consacré à l’arianisme et à ses prolongements dans la société du libéralisme religieux et théologique du 19e siècle. Entre 1833 et 1841, il fait paraître les « Tracts for the Times », série de quelque 90 écrits, traités et considérations scientifiques. Ces écrits ont pour but de faire redécouvrir les racines profondes de l’anglicanisme dans le catholicisme.

Dès 1834, les réflexions de Newman ont eu des incidences concrètes sur la pratique quotidienne dans la communauté d’Oxford, avec l’introduction du rite de la célébration quotidienne de la messe. En 1837, il introduisait à nouveau le rite de la confession individuelle.

Communauté monastique

Dès 1839, Newman s’est senti de plus en plus isolé au sein de la communauté anglicane. La plupart des anglicans soupçonnaient de plus en plus le Mouvement d’Oxford et Newman en particulier de vouloir faire revenir l’anglicanisme au catholicisme.

En 1840, Newman a fondé à Littlemore, dans un village proche d’Oxford, une communauté semi monastique d’études et de prières. L’un des principaux membres en fut Ambroise St John (mort en 1875) qui a accompagné Newman sur l’ensemble de son cheminement spirituel. De nombreux anciens amis de l’aile anglo-catholique les ont alors abandonnés. En septembre 1843, Newman se convertit au catholicisme.

Deuxième ordination sacerdotale

Durant son séjour d’études à Rome en 1847, il est ordonné prêtre catholique. Son noviciat chez les Oratoriens l’amènera à fonder en 1848, sur mandat du pape, l’Oratoire de saint Philippe Neri en Angleterre

Mis au ban de la société anglicane et protestante de son pays, il écrit en 1864, pour répondre à une attaque contre son intégrité personnelle, son « Apologia pro vita sua », texte comparable aux « Confessions » de Saint Augustin. L’ouvrage, qui est considéré comme l’une des grandes biographies intellectuelles de tous les temps, connaît un succès spectaculaire qui réhabilite largement son auteur dans l’opinion publique anglaise.

Le dogme de l’infaillibilité

Durant le premier Concile de Vatican (1869/1870), ce qui était au cœur des préoccupations de Newman était le dogme de l’infaillibilité du pape. N’ayant pas participé aux préparatifs du Concile, il a déclaré dans une lettre à l’évêque Ullathorne qu’il était à la fois un avocat de l’infaillibilité du pape, mais qu’il était opposé à sa dogmatisation. Il a accepté la décision du Concile, le 18 juillet 1870, de reconnaître l’infaillibilité du pape, mais avec une restriction, celle de mettre la conscience personnelle avant l’obéissance au pape.

Dès la moitié des années 70 du 19e siècle, John Henry Newman a acquis une reconnaissance officielle aussi bien dans les milieux académiques qu’au sein de l’Eglise. En 1879, le pape Léon XIII l’a fait cardinal. Il est mort le 11 août 1890. C’est surtout au XXe siècle que sa pensée marquera profondément l’Eglise, au point que Jean Guitton l’appellera « le penseur invisible de Vatican II ». (apic/pem/js)

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