Philippines: Les Eglises appellent à s’opposer à la tyrannie tout comme Corazon Aquino

Eloge unanime de celle qui a incarné la démocratie

Manille, 11 août 2009 (Apic) Des responsables d’Eglise ont appelé les Philippins à faire en sorte que les nouveaux signes de despotisme disparaissent et à protéger la démocratie pour laquelle l’ancienne présidente Corazon Aquino s’est battue et sacrifiée.

« Elle nous a mis en garde contre toute nouvelle tyrannie et nous a appris qu’il était nécessaire de se battre pour maintenir les libertés civiles », a indiqué le Conseil national des Eglises des Philippines (NCCP) dans un communiqué publié la veille des funérailles de Corazon Aquino, le 5 août.

« Les signes que donne le gouvernement actuel indiquent une situation qui nous demande de rester vigilants et de garder le courage de lutter », lit-on dans le communiqué, évoquant le gouvernement de l’actuelle présidente, Gloria Macapagal-Arroyo.

Corazon Aquino est décédée d’un cancer du côlon le 1er août à l’âge de 76 ans. Elle avait été portée au pouvoir en février 1986 lors de la révolution du « pouvoir du peuple », qui s’était déroulée avec l’appui des Eglises pour évincer Ferdinand Marcos, à la tête du pays pendant 20 ans, dont 14 sous la loi martiale.

Corzaon Aquino, un modèle pour une vraie démocratie

Elle était la veuve du sénateur Benigno Aquino Jr., assassiné en 1983 à son arrivée à l’aéroport international de Manille après un exil de trois ans aux Etats-Unis.

En tant que présidente, Corazon Aquino a restauré la démocratie, fait le ménage au sein du gouvernement, libéré les prisonniers politiques incarcérés par Ferdinand Marcos et entamé des pourparlers de paix avec les rebelles communistes et musulmans.

Corazon Aquino a été saluée pour avoir immédiatement cédé le pouvoir à l’issue de son mandat de six ans, refusant de se présenter à sa réélection en insistant sur le fait que son rôle était de consolider la démocratie.

Ces dernières années, Corazon Aquino avait critiqué les abus et la corruption du régime de Gloria Arroyo, y compris la tentative faite par les partisans de la présidente d’amender la Constitution élaborée quand Corazon Aquino était au pouvoir.

Le NCCP, l’Eglise épiscopale (anglicane) des Philippines et la Conférence épiscopale catholique romaine ont tous publié des communiqués s’opposant à ces tentatives d’amendement de la Constitution. Ils ont exprimé leurs craintes quant au fait que ces amendements auraient pour but de permettre à Gloria Macapagal-Arroyo de se présenter pour un nouveau mandat, ce que la Constitution actuelle interdit.

Dans un communiqué du 30 juillet, les évêques épiscopaux ont fait un rapprochement entre ces tentatives et les mesures prises par Ferdinand Marcos lorsqu’il a amendé la Constitution en 1972 et déclaré la loi martiale afin de se maintenir au pouvoir.

Le 2 août, cependant, le secrétaire exécutif de Gloria Macapagal-Arroyo, Gabriel Claudio, a déclaré que le bureau de la présidence avait appelé ses alliés au Congrès d’abandonner leurs efforts pour amender la Constitution.

Alors que Corazon Aquino était mise en terre, les responsables d’Eglise ont exhorté les Philippins à continuer de protéger la démocratie pour laquelle elle s’était battue.

Lors de la messe de funérailles, le 5 août, l’évêque catholique Socrates Villegas, de Balanga, a déclaré : « Nous promettons d’aimer ce pays comme tu l’aimais. Les ténèbres menacent notre pays parce que tu es partie. Mais nous savons que nous avons suffisamment de lumière en nous parce que tu as partagé avec nous ton feu. » (apic/eni/js)

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