Canada: L’Eglise Unie rejette des résolutions appelant au boycott d’Israël

40e Conseil général de l’Eglise Unie du Canada à Kelowna

Ottawa, 14 août 2009 (Apic) Après une levée de boucliers des milieux soutenant la politique israélienne, notamment du Congrès juif canadien (CJC), l’Eglise Unie du Canada a rejeté jeudi 13 août quatre résolutions qui appelaient au boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes. L’Eglise Unie, l’une des plus progressistes de toute la communauté protestante et la plus importante confession protestante au Canada, tient jusqu’au 15 août son 40e Conseil général à Kelowna, sur le campus Okanagan de l’Université de Colombie-Britannique.

Le Conseil général est un rassemblement national de près de 400 délégués démocratiquement élus, issus des 13 synodes régionaux de l’Eglise. 300 invités sont également présents à ces débats. Les propositions concernant le conflit israélo-palestinien ont créé la polémique. Qualifiant les propositions concernant Israël «d’antisémites», le Congrès juif canadien s’était notamment élevé contre une proposition demandant un boycott de l’Etat d’Israël par l’Eglise unie. Cette entité a été formée en 1925 par l’union de congrégations des Eglises presbytériennes, méthodistes et congrégationalistes du Canada.

L’Eglise Unie du Canada ne se veut pas une «Eglise confessante»

L’Eglise Unie du Canada ne se veut pas une «Eglise confessante». A son origine, elle a édifié sa théologie sur les 20 articles de foi rassemblés dans les Principes de l’Union de 1925, qui déclarent qu’»aucune autre condition d’admission au statut de membre à part entière ne doit être prescrite que celles stipulées dans le Nouveau Testament». L’Eglise Unie a toujours été attentive au contexte social.

Sa quête de justice l’a conduite à formuler des théologies qui privilégient l’inclusion de toutes les personnes dans la mission et le ministère de l’Eglise. Elle est ainsi favorable à l’ordination des femmes, à l’accueil des personnes divorcées, à la reconnaissance des dons des gens sans tenir compte de leur orientation sexuelle et cela dans toutes les facettes de la vie de l’Eglise y compris le ministère ordonné. Elle approuve aussi le mariage de conjoints de même sexe.

Recul des grandes confessions chrétiennes, notamment des protestants

Selon les données de Statistique Canada, d’après le recensement de 2001 comportant des informations détaillées sur la religion, les principaux groupes religieux dans le pays se répartissaient ainsi: les catholiques romains (près de 13 millions de personnes) forment le 43,2% de la population, les sans religion 16,1%, les membres de l’Eglise Unie 9,6%, les anglicans 6,9%, les baptistes 2,5%, les luthériens 2%. De 1991 à 2001, le nombre de Canadiens s’identifiant comme catholiques romains ou protestants a diminué de 80% à 72%. Les catholiques sont demeurés le plus grand groupe religieux mais leur proportion est passée de 45% à 43% de la population (12,8 millions).

Les protestants sont demeurés en seconde position, mais leur proportion est passée de 35% à 29% de la population. Ce sont les plus grandes confessions protestantes qui ont connu les plus importantes baisses. La fréquentation des célébrations religieuses a chuté drastiquement partout au Canada. Entre 1986 et 2001: le nombre de Canadiens de 15 ans et plus indiquant participer à des célébrations religieuses est passé de 28% à 20%. Le nombre d’adultes indiquant ne pas avoir participé à des célébrations religieuses dans les douze mois précédant le recensement a augmenté de 26% à 43%.

Baisse du nombre des paroisses

Entre 1987 et 2007, le nombre de paroisses de l’Eglise Unie a diminué de 20%, passant de 4’175 à 3’362. Le nombre de participants aux célébrations a diminué de 48%, passant de 387’653 à 204’444. Plus de 70% de ses paroisses se retrouvent en milieu rural ou dans de petites municipalités et villes, où parfois la baisse de la population locale peut remettre en cause la viabilité même d’une paroisse, ce qui entraîne souvent leur fusion.

En plus des quelque 400 personnes déléguées de toutes les régions de l’Eglise, dont une demi-douzaine de francophones, plus de 300 invités, observateurs, jeunes, enfants, membres du personnel et bénévoles sont présents pour ce rassemblement d’une semaine. Les délégués, divisés en parts égales entre pasteurs consacrés et personnes laïques, de même qu’entre hommes et femmes en nombre égal, ont été sélectionnés par les 13 synodes régionaux de l’Eglise. Le thème du 40e Conseil général 2009 est «Descendons chez le Potier», (d’après Jérémie 18,1-6).

Des partenaires de l’Eglise Unie du Brésil, de l’Inde, du Japon, du Kenya, du Moyen-Orient, du Nicaragua, des Philippines et du Zimbabwe se sont joints sur le campus aux représentants d’organismes canadiens de justice sociale tels que KAIROS, la Banque alimentaire canadienne, les Communautés vertes du Canada et le Conseil canadien pour les réfugiés. L’Eglise Unie a également invité des représentants des communautés juives et musulmanes canadiennes, ainsi que des responsables religieux d’autres Eglises chrétiennes du Canada et des Etats-Unis. (apic/rvm/rc/be)

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