Mexique: AI réclame une nouvelle enquête à l’Etat sur le massacre d’Actéal

Les errements de la justice mexicaine une nouvelle fois dénoncés

Mexico, 14 août 2009 (Apic) Amnesty International (AI) a réclamé jeudi à l’Etat fédéral du Mexique une nouvelle enquête sur le massacre de 47 indigènes survenu le 22 décembre 1997 à Actéal, dans l’Etat mexicain du Chiapas, où une majorité de femmes et d’enfants furent sauvagement tués. Une fois encore, les errements d’une justice mexicaine à deux vitesses sont dénoncés.

La société civile de « Las Abejas », dans le Haut Chiapas, refuse d’oublier ce massacre, ainsi que l’impunité des commanditaires et des auteurs. Las Abejas rassemble 45 communautés indigènes Tzotiles du Haut Chiapas. Créées en 1992, elles revendiquent tout comme le mouvement zapatiste, la liberté, la justice et la dignité au sein de l’Etat mexicain. Elles prônent avant tout une lutte pacifique et, contrairement à l’EZLN, ne veulent ni ne possèdent d’armée.

Le 22 décembre 1997, le massacre d’Actéal par des paramilitaires a provoqué la mort de 47 hommes, femmes et enfants dans l’église de la communauté d’Actéal. Des policiers de l’État postés non loin de là n’alertèrent pas les autorités. Aujourd’hui, aucun des meurtriers n’a été puni et la société civile Las Abejas continue de revendiquer que justice soit faite.

« Nous voyons non seulement que les hommes politiques sont impliqués dans ce jeu d’occulter la vérité, mais qu’il y a aussi des journalistes et des écrivains qui se font complices de cette impunité. Un exemple clair est celui de l’écrivain Hector Aguilar Camin, qui cherche à donner un sens contraire au conflit politique du Chiapas, qui a mené au massacre », affirment ces communautés indigènes, bafouées par l’Etat mexicain et la justice à deux vitesses de ce pays.

Selon les natifs, contrairement à cet auteur, qui tente, comme le pouvoir, de faire passer ce massacre sur le compte d’un conflit religieux, le massacre d’Actéal fut la conséquence d’un problème intercommunautaire. « Ce que cherche cet écrivain c’est dévier la vérité et faire croire que le gouvernement de l’Etat n’a rien à voir avec cette tuerie ».

A la suite de ce massacre, une vingtaine d’indigènes furent arrêtés, puis libérés « pour irrégularités » après 11 ans de prison par une pseudo justice. Selon Ruper Knox, qui a enquêté sur l’affaire, cela démontre les graves lacunes du systèmes de la justice mexicaine, qui semble incapable d’enquêter et de sanctionner les responsables de violations des droits de l’homme ». Pour lui, il est essentiel que les faits sur le massacre de Actéal puissent être établis dans les brefs délais et que soient sanctionnés les coupables. (apic/elp/com//pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-errements-de-la-justice-mexicaine-une-nouvelle-fois-denonces/