L´imagerie religieuse n´échappe pas à la pub

Neuchâtel: Exposition «Dieu, otage de la pub?» au Temple du Bas

Neuchâtel, 20 août 2009 (Apic) «Dieu est-il bon vendeur?» En tout cas, l’imagerie religieuse semble bel et bien garder un important pouvoir de fascination, d’interpellation et de mobilisation. L’exposition ouverte mercredi 19 août à Neuchâtel, au Temple du Bas, le démontre. Elle interpelle le visiteur, tant la publicité fait appel à la religion. En utilisant les bons moines ventrus épicuriens ou d’autres symboles religieux. Et jusqu’à Jésus. Et bien entendu le démon et les anges, en dualité sans cesse renouvelée, tentateurs en diable.

L’exposition, inspirée du livre «Dieu, otage de la pub ?», de Gilles Lugrin et Serge Molla (Genève, Labor et Fides, 2008), dresse un large panorama des relations entre publicité et religion, sans prendre parti pour ou contre celles-ci.

L’exposition décline 6 thématiques, qui reprennent les 6 chapitres du livre qui a servi de base au bouquin: «Lieux et figures du bien et du mal»; «Textes bibliques et gestes religieux»; «Figures de Jésus»; «Religion et mercantilisme»; «Bouddhisme, judaïsme et islam»; «Quand l’Eglise fait sa pub».

Pour vendre leurs produits, les créateurs de publicités puisent souvent dans l’immense réservoir d’images et de mythes pieux, faisant appel à l’inconscient individuel et collectif. La question se pose alors de l’exploitation faite de tels archétypes et symboles à des fins commerciales. «Cette omniprésence religieuse pourrait-elle servir indirectement la vie spirituelle ou manifeste-t-elle a contrario la victoire du futile sur l’Essentiel?» se sont interrogés les concepteurs de l’exposition, présentée par Elisabeth Reichen, animatrice diaconale à Neuchâtel.

C´est pour répondre au questionnement qu´engendre l´utilisation de tels archétypes et symboles à connotations religieuses que l´Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN), le Centre cantonal Théologie Education Formation (ThEF) et la paroisse réformée de Neuchâtel ont mis sur pied cette expo itinérante, qui s’arrête jusqu’au 20 septembre dans la vile.

L’expo a été conçue par des protestants du canton de Vaud. Les 197 illustrations présentées dans le livre du même titre de Gilles Lugrin et Serge Molla servent en partie de base à l´exposition.

A travers elle, le visiteur est amené à s’interroger sur le rôle de «Dieu pris en otage» par la pub. Pour finalement constater que religion et consommateur font très bon ménage, pour le plus grand bonheur du public, des annonceurs, des religions qui ne demandent peut-être pas mieux de faire parler d’elles… Surtout que christianisme, hindouisme, judaïsme et christianisme servent abondamment de sources d’inspiration pour faire vendre.

Dans la pub et pour la pub, semblent dire les publicitaires, tout est bon pour faire passer le message, avec, pour but ultime, la vente d’un produit. La pomme, Eve, le serpent, tentations à portée de mains, pour succomber et donner les envies de ne point résister. En d’autres termes, la religion est utilisée à toutes les sauces. Elle fait vendre. Et ce ne sont pas les images des «papas Noël» qui fleurissent ponctuellement chaque année à la même époque qui le démentiront.

Le bon curé débonnaire des pâtes de Panzani, les bières des moines, sans oublier les vins et les fromages, y compris, bien entendu, la Tête de moine. Tout en bon… et jusqu’au crucifix pour vanter les marques de jeans, en passant bien entendu par la table, de la sainte Cène.

De l’image la plus subtile aux clichés provocateurs, les publicistes jouent sur les nuances pour attirer le regard de l’acheteur potentiel, parfois démuni de sens critique, ce qu’a déploré Elisabeth Reichen, avant d’offrir à l’assistance en guise d’apéritif un «Caprice des Dieux».

Selon G. Lugrin, ces images qui puisent dans le religieux plaisent aux jeunes. A noter que seules quelques affiches ont été par le passé sanctionnées sur plaintes des évêques français, en 1977 et en 2007.

Pub non payante: le 14 septembre à 20h au Temple du Bas, aura lieu une conférence sur le thème «Dieu est-il bon vendeur?» avec Gilles Lugrin et Serge Molla et l´agence publicitaire Zébulon communication, de La Chaux-de-Fonds, une agence responsable de plusieurs campagnes pour l’EREN. (apic/pr)

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