Vers un durcissement des lois avec la nouvelle Constitution ?

Zimbabwe: Le journal catholique «Catholic Church News» tire la sonnette d’alarme

Harare, 20 août 2009 (Apic) Le journal catholique «Catholic Church News» tire la sonnette d’alarme. Dans l’éditorial de son numéro d’août-septembre, il met en garde contre la nouvelle Constitution proposée pour le Zimbabwe. «Elle pourrait être pire que l’actuelle si son élaboration est laissée aux politiciens sans consultation de la société civile».

«Le travail devrait être axé sur l’idée d’une Constitution du peuple, écrite par le peuple et pour le peuple, et, à défaut d’une participation du peuple à tous les niveaux. Avec le contrôle du gouvernement, nous risquons d’avoir une Constitution plus draconienne que jamais», écrit «Catholic Church News».

«Le peuple ne devrait pas seulement être impliqué dans le processus d’élaboration de la Constitution; il doit s’approprier le processus et le résultat. Le gouvernement ne devrait pas gaspiller ses ressources en prétendant consulter la population sur la constitution que celle-ci veut, pour ensuite manipuler le point de vue et l’opinion du peuple», estime le journal.

Des élections prévues en 2011

Le nouveau gouvernement de coalition au Zimbabwe a lancé en juillet une campagne visant à recueillir des contributions pour une nouvelle Constitution, en vue d’élections qui devront se tenir en 2011. Cependant, certaines organisations de la société civile qui se sont rassemblées sous la dénomination d’Assemblée constituante nationale ont refusé de prendre part au processus engagé par le gouvernement.

«Certaines organisations de la société civile et des Eglises se sont opposées au processus mené par les politiques, parce ce qu’il sera axé sur la protection des intérêts des personnes au pouvoir tout en aliénant les intérêts des personnes qui importent, soit les électeurs», lit-on dans l’éditorial du journal catholique.

La Constitution actuelle a été remaniée à de nombreuses reprises sur l’ordre du parti du président Robert Mugabe, le Zanu-PF, qui a remporté les élections à partir de 1980 jusqu’à ce qu’il échoue au scrutin législatif de 2008. Robert Mugabe a alors perdu au premier tour de l’élection présidentielle. Il a remporté le second tour après le retrait de son opposant, Morgan Tsvangirai, qui a invoqué des intimidations généralisées.

Par ailleurs, le Mouvement des étudiants chrétiens du Zimbabwe (SCMZ) a critiqué le ministre de la Justice du pays à propos du traitement qualifié de «subjectif» d’affaires impliquant des membres du parti Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai. Ce dernier est devenu Premier ministre dans un gouvernement de coalition avec Robert Mugabe. «A l’heure actuelle, plus de huit députés du MDC ont été condamnés ou attendent leur comparution pour des accusations infondées et forgées de toutes pièces colportées par des agents du Zanu-PF», indique le communiqué du SCMZ.

Partialité de la justice dénoncée

«Si le soi-disant ministre de la Justice est si enclin à assumer ses responsabilités, alors pourquoi a-t-il gardé le silence et garde-t-il encore le silence au sujet des membres du Zanu-PF qui ont commis les violences ayant entaché la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle du 27 juin l’année dernière?», s’interrogent les étudiants. «Dans plusieurs cas, des personnes ont été blessées, tuées, déplacées et parfois même violées, et pourtant jusqu’à présent, rien n’a été fait pour que les auteurs de ces violences – qui sont essentiellement issus des rangs du Zanu-PF – soient arrêtés.»

Le communiqué faisait suite à une série d’arrestations de députés et de titulaires de postes administratifs affiliés au MDC. Parmi les personnes arrêtées se trouve le ministre adjoint de la Jeunesse, Thamsanqa Mahlangu, qui a été accusé d’avoir volé un téléphone portable appartenant à un responsable d’une association de vétérans de guerre connue pour son soutien à la politique de Robert Mugabe. (apic/eni/be)

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