Sri Lanka: Près de 300’000 réfugiés tamouls toujours internés dans des camps

Des évêques demandent qu’ils puissent retourner chez eux

Madhu, 21 août 2009 (Apic) Près de 300’000 réfugiés tamouls sont toujours internés dans des camps au nord du Sri Lanka. Deux évêques catholiques sri-lankais, Mgr Thomas Savundaranayagam, évêque de Jaffna, et Mgr Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, ont demandé qu’ils soient libres de retourner chez eux.

Près de 300’000 Tamouls sont gardés par des soldats armés dans des camps entourés de barbelés depuis mai dernier, quand les troupes gouvernementales ont vaincu militairement les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE). Ces camps d’internement se trouvent près de la ville de Vavuniya dans le Nord du pays, ou dans la Péninsule de Jaffna. Le taux de mortalité dans ces centres confinés est très élevé.

Mgr Thomas Savundaranayagam, de Jaffna, le diocèse qui a été le plus sévèrement touché durant la guerre civile qui a duré plus d’un quart de siècle, a déclaré que les Tamouls sont «derrière des barbelés comme des prisonniers et doivent subir de nombreux fléaux, avec l’arrivée de la pluie».

Colombo met la faute sur le compte des ONG

L’évêque a fait ces plaintes devant près de 100’000 pèlerins qui s’étaient rendus au sanctuaire de Notre-Dame de Madhu, au nord du Sri Lanka. Près de 30’000 catholiques n’ont pu assister aux cérémonies de l’Assomption parce qu’ils restent enfermés dans des camps. A cette occasion, Mgr Malcolm Ranjith a lancé un appel aux autorités de Colombo pour que les internés puissent commencer à se réinstaller chez eux. «Cela aurait pu être une magnifique occasion d’unité si tout le monde avait été autorisé à venir», a-t-il lancé.

Pour le gouvernement de Colombo, ce retard est à mettre sur le compte de la lenteur des ONG chargées du déminage des régions qui étaient contrôlées par les Tigres tamouls. Il met également en avant la difficulté d’identifier les réfugiés internés dans les camps. Le gouvernement cherche à détecter s’il y a parmi eux d’éventuels membres des LTTE.

Le plan de réinstallation des internés devrait s’achever d’ici la fin de l’année, mais l’on craint de nouveaux retards. L’arrivée de la mousson a aggravé l’urgence humanitaire dans les camps. Le gouvernement sri-lankais assure que 75’000 internés sont déjà retournés dans leur village d’origine durant le mois d’août. Les organisations humanitaires locales et internationales, tout comme la communauté chrétienne et les associations de la société civile, déplorent la lenteur du processus de libération des internés, estimant qu’il devrait être beaucoup plus rapide.

En mai dernier, après la fin des hostilités, le gouvernement de Colombo avait assuré que les réfugiés internés pourraient rentrer chez eux avant la fin de l’année, mais il semble que cette échéance ne sera pas respectée. Les ONG craignent qu’étant donné les conditions sanitaires précaires de ces camps d’internement, la mortalité n’augmente encore. (apic/asian/kap/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/des-eveques-demandent-qu-ils-puissent-retourner-chez-eux/