Zambie: Les évêques prennent la défense de la liberté de la presse

Les journalistes doivent pouvoir relater ce qu’ils voient

Kinshasa, 24 août 2009 (Apic) Les évêques de Zambie ont récemment pris la défense de la liberté de la presse lors de l’arrestation d’un journaliste prenant des photos d’une mère en train d’accoucher dans la rue à cause de la grève des agents du secteur médical. Les prélats accusent le Gouvernement de mauvaise gestion.

« Le Gouvernement doit cesser d’exercer la répression à l’encontre des mass médias, ont protesté les prélats zambiens. Il doit cesser de harceler, de persécuter et d’accuser des journalistes, des institutions de mass média et mêmes des citoyens ordinaires lorsqu’ils émettent des avis différents de ceux proférés par le Gouvernement », ont déclaré les évêques zambiens à l’issue de la récente assemblée plénière de la Conférence Épiscopale tenue à la Maison Kapingila, Lusaka.

Le système de santé publique est dans une situation délicate affirment les évêques. Les révélations récentes de mauvaise gestion financière au Ministère de la Santé et la grève du personnel médical n’ont pas seulement accentué certains défauts du système de santé mais ont aussi augmenté la souffrance indicible de la population indiquent les prélats. « Dans nos contacts quotidiens, particulièrement avec les pauvres de la campagne et des périphéries des villes, nous avons été témoins de la grande souffrance des petites gens. La vérité est que les personnes vulnérables souffrent et meurent parce qu’elles sont incapables d’accéder aux soins de santé adéquats du service public ».

Le système de santé largement insuffisant dans le pays

Le financement du secteur de la santé interpelle l’Eglise qui dirige quelques institutions de santé sans être aidée par des subventions gouvernementales. « Nous sommes fortement concernés car le Gouvernement ne débourse pas régulièrement des fonds en faveur de la plupart des institutions de santé depuis février de 2009. Quand les fonds sont dégagés, ils vont souvent ailleurs et quand ils arrivent c’est souvent trop tard. Les cas les plus poignants surviennent dans les régions rurales ». Les évêques déplorent qu’ils aient dû fermer certaines institutions dirigées par l’Eglise, en raison du manque d’équipement ou de médicaments. Et de citer en exemple, l’école infirmière de l’Hôpital de la Mission de Saint-Paul dans le territoire de Nchelenge qui a dû remettre à plus tard l’admission des infirmiers nouvellement inscrits.

Les étudiants de deuxième année devront aussi être renvoyés à la maison. Si aucun financement n’arrive. « La situation est le même dans la plupart des autres institutions de santé, à travers tout le pays. Les institutions de santé, surtout dans les régions rurales, sont contraintes à réduire les admissions et assurent les services minimaux nécessaires. Ce sont souvent les enfants et les personnes âgées qui souffrent le plus de la situation.

Le Gouvernement sommé d’agir rapidement

Les évêques ont indiqué que la situation actuelle est inacceptable parce que les institutions de santé sont censées servir tous les Zambiens, surtout les pauvres, sans tenir compte de leur avoir. « Peut-être le temps est-il venu pour les organismes partenaires et les donateurs de reconsidérer la politique du soutien direct au budget du Gouvernement », s’interrogent les évêques. En conclusion, les évêques lancent un appel au Gouvernement pour identifier d’autres sources de financement afin de les diriger vers les institutions de santé. Ils conseillent au Gouvernement de résoudre promptement le problème de mauvaise gestion financière au Ministère de la Santé pour que les fonds jusqu’à présent octroyés par les partenaires soient libérés.

Dans la foulée ils demandent au Gouvernement d’assumer les frais d’exploitation des institutions de santé d’Église en lieu et place du service d’Administration de Santé des différents districts. Ils ont demandé au Gouvernement de démontrer sa bonne volonté de remettre la responsabilité financière à l’ordre du jour et d’appliquer de façon stricte les règles financières dans toutes les institutions de services publics pour mieux servir la population et récupérer la confiance des différents partenaires. Enfin ils prient le Gouvernement de mieux rémunérer les fonctionnaires de la santé ainsi que tous les autres afin d’avoir une administration efficace et motivée. (apic/dia/js)

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