Genève: Séance du comité central du COE 20 ans après la chute du mur de Berlin

Offrir une vision à un monde divisé

Genève, 26 août 2009 (Apic) Vingt ans après la chute du mur de Berlin, les Eglises doivent offrir une vision à un monde confronté à des divisions plus complexes qu’au temps du rideau de fer. C’est ce qu’a affirmé le 26 août le pasteur Walter Altmann, président du Conseil œcuménique des Eglises (COE), dans une allocution au Comité central.

Le pasteur luthérien du Brésil Walter Altmann a évoqué la liesse populaire lors de la chute du mur de béton de 154 km de long qui séparait les secteurs occidental et oriental de Berlin entre 1961 et 1989, rappelle l’agence œcuménique ENI. Il symbolisait «la division du monde en deux systèmes antagonistes», a déclaré le président du COE, organisation qui rassemble 349 Eglises du monde entier, essentiellement anglicanes, protestantes et orthodoxes. «Mais nous n’oublions pas que de nombreux autres murs, qu’ils soient faits de béton, de préjugés ou de lois discriminatoires frappant les étrangers, sont toujours debout ou en train d’être érigés, comme autant de facteurs de division et de causes de souffrance.»

Le pasteur Altmann prononçait son allocution à Genève au premier des huit jours de réunions qui verront l’élection d’un nouveau secrétaire général par le Comité central, rappelle l’agence ENI. Celui-ci prendra par ailleurs une décision concernant le lieu où se déroulera en 2013 la prochaine Assemblée du COE, organe directeur suprême de l’organisation.

La chute du mur de Berlin, en 1989, a marqué un «profond bouleversement», a déclaré le pasteur Altmann, qui est le président de l’Eglise évangélique de la confession luthérienne au Brésil. La fin des années 1980 ont aussi vu s’amorcer la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, le passage à l’indépendance de la Namibie – l’un des derniers pays d’Afrique à se libérer du colonialisme – et la fin de la période des dictatures militaires en Amérique latine, symbolisée par la chute du régime d’Augusto Pinochet au Chili.

Des divisions subsistent

La contribution de l’action œcuménique dans tous ces domaines a été largement reconnue en dehors des Eglises, a indiqué le pasteur Altmann. «Il nous faut maintenant considérer comment le mouvement œcuménique peut offrir une vision non seulement au Conseil mais au monde entier, qui est toujours aussi divisé que lorsque le rideau de fer et le mur de Berlin étaient en place et que l’apartheid et les dictatures militaires sévissaient, même si ces divisions sont plus complexes et en même temps plus flagrantes et plus insidieuses», a-t-il affirmé.

Le président du COE a notamment évoqué «l’accès limité à l’eau, à la nourriture, à l’éducation et aux soins de santé». Le pasteur Altmann a par ailleurs souligné que le paysage religieux mondial s’était considérablement modifié ces dernières décennies. La croissance des Eglises évangéliques et pentecôtistes, qui sont peu à être membres du COE, signifie que le Conseil n’est plus aussi représentatif qu’auparavant.

En outre, bien qu’il existe aujourd’hui entre les Eglises anglicanes et protestantes traditionnelles une «communion de facto», ce qui constitue «un progrès œcuménique remarquable», les questions morales «ont suscité une forte polarisation au sein des familles confessionnelles et entre elles.»

Le secrétaire général, image du COE

Concernant l’élection, prévue pour le 27 août, d’un successeur au pasteur Samuel Kobia en tant que secrétaire général du COE, le pasteur Altmann a déclaré qu’il n’était «pas nécessaire de souligner l’importance» de cette décision pour l’organisation. «Une grande partie de ce qu’est le COE et de la perception qu’on a de lui dépend de la manière dont le ou la secrétaire général/e accomplit ses tâches, que ce soit dans les relations avec les Eglises ou la gestion de notre organisation», selon le pasteur Altmann.

Le pasteur méthodiste Samuel Kobia avait annoncé lors de la dernière réunion du Comité central, en février 2008, qu’il ne briguerait pas un second mandat à la tête de l’organisation basée à Genève, pour des raisons personnelles.

Deux candidats – un presbytérien de Corée et un luthérien de Norvège – ont été proposés par un comité chargé de trouver un nouveau secrétaire général. Park Seong-won, pasteur ordonné de l’Eglise presbytérienne de Corée, est professeur de théologie à l’Université et Séminaire théologique Youngnam, à Kyeongsan, en Corée du Sud ; Olav Fykse Tveit, pasteur ordonné de l’Eglise de Norvège, est le secrétaire général du Conseil des relations œcuméniques et internationales de l’Eglise de Norvège. (apic/eni/bb)

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