Crainte de troubles de la part des populations défavorisées
Le Cap, 27 août 2009 (Apic) Des évêques catholiques d’Afrique du Sud ont mis en garde les parlementaires du pays contre l’augmentation des coûts de l’alimentation, qui pourraient entraîner des violences et des troubles de la part des populations les plus défavorisées dans le pays.
«Cette situation pose une sérieuse menace pour la sécurité et la stabilité, en particulier dans les pays en développement, et invite les gouvernements à lancer une intervention rapide et coordonnée à l’échelle mondiale et locale», a indiqué la Conférence des évêques catholiques de l’Afrique australe dans un rapport adressé aux parlementaires en août.
Durban, sur la côte est de l’Afrique du Sud, a été le témoin d’émeutes alimentaires le 22 juillet, lorsqu’une centaine de personnes faisant partie du Mouvement des personnes sans emploi d’Afrique du Sud a pénétré dans les supermarchés Shoprite Checkers et Pick n Pay du centre ville pour y piller la nourriture, affirmant avoir faim.
«Bien que les récents pillages de supermarchés à Durban pour obtenir de la nourriture ne puissent être cautionnés, il est impératif que le gouvernement prenne des mesures, car il pourrait s’agir d’une manifestation précoce du problème profond de la cherté des prix alimentaires, qui place la nourriture hors d’atteinte pour beaucoup de gens», a affirmé le chercheur Regis Chawatama, co-auteur du rapport.
Des facteurs internationaux – tels que l’augmentation des cours du pétrole et le fait que 5% de la production mondiale de céréales soit détournés pour produire des agrocarburants – auraient un impact sur le prix des produits agricoles.
Toutefois, d’autres facteurs propres à l’Afrique du Sud viennent s’ajouter à ceux-là. Il s’agit notamment de la formation de cartels au sein de l’industrie alimentaire, qui entraîne un comportement anticoncurrentiel. La Commission de la concurrence, qui évalue les pratiques commerciales pour garantir l’équité et l’efficacité dans l’économie, avait annoncé en juin qu’elle mènerait une enquête sur les quatre principaux groupes de la grande distribution en Afrique du Sud – Pick n Pay, Shoprite Checkers, Woolworth et Spar – afin de procéder à une éventuelle rectification des prix, en raison du tollé général suscité par le coût élevé des produits alimentaires.
«La question de la cherté des prix alimentaires en Afrique du Sud est si grave et propice à la controverse que certains l’ont déjà surnommée la grande arnaque alimentaire», indique le rapport des évêques catholiques.
En Afrique du Sud, le chômage touche près de 40 % de la population active, et 45 % des 49 millions d’habitants – des Noirs pour la plupart – sont pauvres.
Le président Jacob Zuma a reconnu l’ampleur de la disparité entre les riches et les pauvres lors d’une interview donnée à la radio en juin. «Si l’économie croît, elle doit profiter aux habitants du pays», a-t-il déclaré. «Nous devons faire quelque chose pour résoudre ce problème; nous ne pouvons pas laisser le fossé continuer à se creuser», a-t-il conclu. (apic/eni/js)
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