France: l’ACAT dénonce la reprise des exécutions en Thaïlande
Paris, 28 août 2009 (Apic) L’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) dénonce la reprise des exécutions par le gouvernement thaïlandais. Elle considère cette peine comme «une violation du droit à la vie et une punition cruelle, inhumaine et dégradante».
Le 24 août, Bundit Jaroenwanit, 45 ans, et Jirawat Poompreuk, 52 ans, condamnés à mort pour trafic de drogue, ont été exécutés par injection létale en Thaïlande, informe l’ACAT-France dans un communiqué diffusé le 27 août. Or, la Thaïlande n’avait plus procédé à des exécutions depuis 2003, année au cours de laquelle quatre personnes avaient été mises à mort par injection létale. L’ACAT-France a donc adressé une lettre au Ministre de la justice thaïlandais dans laquelle elle condamne ces exécutions.
«Il est nécessaire de lutter contre les crimes graves, mais de nombreux Etats ont démontré qu’il existait des moyens de lutter contre ces infractions sans recourir à la peine capitale. Il n’a jamais été prouvé que la peine de mort ait sur la criminalité un effet plus dissuasif que les autres châtiments. Le risque d’erreur judiciaire ne peut être écarté, alors qu’une exécution a des conséquences irréversibles», affirme l’ACAT-France.
Le mouvement de lutte pour les droits humains déplore cette reprise des exécutions en Thaïlande, «alors même qu’il existe une tendance mondiale en faveur de l’abolition de la peine de mort.» «Plus de 70 % des pays ont instauré un moratoire sur les exécutions ou aboli la peine de mort», rappelle l’ACAT.
En décembre 2008, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appelant à un moratoire universel sur l’application de la peine de mort. La Thaïlande avait voté contre la résolution. L’ACAT-France a donc demandé instamment au gouvernement thaïlandais de retirer les infractions à la législation sur les stupéfiants de la liste des crimes punis de mort, de mettre en place un moratoire sur la peine capitale et de commuer toutes les condamnations à mort, conformément à la résolution 63/430, adoptée le 18 décembre 2008, par l’Assemblée générale des Nations unies. (apic/com/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/une-punition-cruelle-inhumaine-et-degradante/