Rome: Les bénédictines s’apprêtent à quitter le monastère du Vatican

Sept visitandines vont leur succéder

Rome, 28 août 2009 (Apic) Comme le veut la tradition, les religieuses bénédictines cloîtrées qui occupaient depuis 2004 le monastère ›Mater Ecclesiae’ situé dans les jardins du Vatican cèderont leur place à sept visitandines. Avant de quitter cette institution fondée en 1994 par Jean Paul II, la supérieure, mère Sofia, a dressé, pour I.MEDIA, le bilan de ces cinq années.

I.Media: En quoi ›Mater Ecclesia’ est-il un monastère particulier ?

Sr Sofia: Le but de ce monastère est la vie contemplative et la prière pour le pape et l’Eglise. Nous sommes dans un monastère cloîtré, mais vivre au cœur de l’Eglise est une expérience très belle, très profonde. C’est une grâce, un privilège, mais aussi une charge, car nous sommes les religieuses du pape, qui nous a appelées par le biais de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Les sœurs venant de différentes nations et cultures, nous devons nous impliquer pour créer l’unité, construire une seule famille en renonçant chacune à quelque chose. C’est Jean-Paul II qui a souhaité ce caractère international de ›Mater Ecclesiae’ mais aussi la diversité des ordres religieux qui se succèdent tous les 5 ans, afin de montrer la richesse de l’Eglise : c’est quelque chose de très original. Nous finissons notre mandat le 7 octobre, et chacune d’entre nous retournera dans son monastère d’origine. Il n’y aura pas d’interruption puisque les visitandines arriveront au petit matin du 7 octobre. Après leur avoir donné les consignes, nous partirons fraternellement et leur remettrons la flamme d’amour et de prière pour le pape. Elles sont 7 et viennent d’Espagne, d’Italie et d’Afrique.

I.Media: A quelles occasions avez-vous pu rencontrer Benoît XVI ?

Sr Sofia: Pendant ces cinq années, le pape est venu trois fois au monastère pour célébrer la messe – en 2005, 2006 et dernièrement en juillet 2009: c’est déjà beaucoup pour nous qui sommes la réalité la plus petite et la plus humble du Vatican. D’autre part, nous avons pu le rencontrer hors du monastère à deux reprises: en mai 2007, nous avons porté la statue de Fatima qui se trouve dans notre chapelle jusqu’à la chapelle privée du pape, dans le Palais apostolique. A cette occasion, nous avons pu prier et discuter avec lui. Puis nous l’avons rencontré une autre fois – toujours avec sa permission, car nous sommes des moniales de clôture et nous ne sortons normalement jamais du monastère – dans la chapelle du Gouvernorat. Nous aimons le pape, notamment comme filles. Nous voulons lui être fidèles et – c’est notre but principal – prier quotidiennement pour lui, son ministère pétrinien et ses intentions.

I.Media: Comment s’est passée votre dernière rencontre, le 3 juillet dernier ?

Sr Sofia: Le Saint-Père est venu célébrer la messe dans notre chapelle. C’était au petit matin, à 7 heures, dans le silence. Il était habillé comme un simple prêtre, sans mitre, il a fait preuve de paternité, de sagesse et – je veux le souligner – de grande simplicité. Puis, avant de nous saluer, il est venu nous remercier de notre service, de notre prière. Nous étions très émues par ses propos.

I.Media: Hors des heures de prières, en quoi consiste votre travail ?

Sr Sofia: Nous nous occupons de cultiver les légumes pour le pape, qui apprécie salades, tomates, épinards et herbes aromatiques. Il y a ensuite les confitures que nous lui préparons avec les orangers et les citronniers du potager. Le pape les aime beaucoup et c’est le seul petit don que nous avons pu lui offrir lorsqu’il est venu nous rendre visite. Nous lui envoyons aussi des roses. Nous prenons soin des vêtements du Saint-Père et réalisons enfin les parchemins en latin écrits en gothique pour les nominations d’évêques ou les attributions de titres honorifiques.

I.Media: Quelles sont les personnes qui viennent vous rendre visite ?

Sr Sofia: Il y a des prélats de la Secrétairerie d’Etat qui viennent célébrer la messe dans notre chapelle, ce sont aussi parfois des évêques, le substitut de la Secrétairerie d’Etat, le préfet de la Congrégation pour les causes des saints ou celui de la Congrégation pour les évêques, en particulier lors des fêtes. Nous avons aussi reçu des représentants français de la communauté de l’Emmanuel, et parfois des groupes de scouts. (apic/imedia/cp/bb)

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