Une eurodéputée italienne se révolte contre l’accord entre son pays et la Libye
Rome, 31 août 2009 (Apic) Pour l’eurodéputée italienne Rita Borsellino, l’opération de refoulement effectuée dimanche par la marine italienne est contraire à la Convention de Genève.
Cette opération confirme, pour la députée, le Canal de Sicile, au sud de l’Italie, comme zone de non-droit où les réfugiés ont perdu toute dignité et tout droit. Elle affirme que «les refoulements doivent se conformer au droit maritime, à la législation italienne et surtout à la législation européenne en matière de droit à l’asile», avant de préciser : «L’accord bilatéral entre l’Italie et la Libye ne peut pas transformer le Canal de Sicile en une zone franche où les droits des réfugiés sont sans effet».
Les déclarations de Mme Borsellino sont intervenues dimanche quelques heures après la célébration à Tripoli, en Libye, du premier anniversaire du Pacte d’Amitié entre l’Italie et la Libye, accord qui a ouvert la voie au refoulement des embarcations de migrants qui partent de l’Afrique du Nord pour gagner l’Italie. Pendant la cérémonie à Tripoli, le Premier ministre italien, Silvio Berlusconu, a sollicité «davantage de rigueur» en matière d’immigration, soutenant vouloir «une véritable politique d’intégration».
L’avis du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) de l’Onu sur la politique du gouvernement italien s’est avéré quant à lui très différent de celui de Berlusconi: Laura Boldrini, porte-parole du HCR en Italie, a observé que les 75 migrants refoulés en Libye «seraient originaires de Somalie, un pays qui connaît depuis une vingtaine d’années une complète anarchie, une situation qui touche surtout la population civile». De même, les principaux quotidiens italiens signalent que les migrants seraient pour la plupart des ressortissants somaliens ou de la Corne de l’Afrique et par conséquent en droit de demander l’asile.
Depuis le 6 mai dernier, cet espace de non-droit en Méditerranée a vu plus de 1’000 migrants refoulés en Libye, et de nouvelles violations des droits humains et de nouvelles tragédies sont à craindre. Les personnes refoulées en Libye n’ont pas la possibilité de présenter une demande d’asile, ce qui serait conforme à la Convention de Genève. Selon les sources journalistiques italiennes et le HCR, un bateau de pêche transportant 150 migrants, parti de la côte libyenne, serait porté disparu depuis plusieurs jours. (apic/misna/ag/js)
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