Rome: ’No Cemment’ du Vatican après la démission du directeur d’Avvenire

Le résultat d’une joute médiatique sans précédent

Rome, 4 septembre 2009 (Apic) Prudence au Vatican: ni le Bureau de presse du Saint-Siège, ni le Conseil pontifical pour les communications sociales – interrogé par I.MEDIA – n’ont souhaité commenter la démission de Dino Boffo, le directeur du quotidien de la Conférence épiscopale italienne (CEI), Avvenire. Survenue le 3 septembre, cette décision résulte d’une joute médiatique sans précédent lancée une semaine plus tôt par Il Giornale, quotidien proche du gouvernement de Silvio Berlusconi.

Dino Boffo, particulièrement virulent ces derniers mois envers la conduite morale du président du Conseil italien, avait été accusé par Il Giornale d’être impliqué dans une affaire de mœurs, sur la base de documents dont l’authenticité est au cœur de cette polémique qui agite le monde politico-médiatique italien. Ainsi, peu après l’annonce officielle publiée par la CEI de la démission de Dino Boffo, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a indiqué à la presse italienne ne pas vouloir faire de commentaire. Interpellé ensuite par I.MEDIA sur ›l’affaire Boffo’ et le rôle de la presse dans cette tempête médiatique, Mgr Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, n’a pas non plus souhaité faire de commentaire. «Il s’agit d’affaires italiennes», a simplement noté le prélat.

Cette ligne de conduite, qui contraste fortement avec les déclarations de «solidarité» du cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone au début de l’affaire, fait notamment suite à un rebondissement survenu le 2 septembre. Le ›porte-parole’ du Saint-Siège avait en effet dû démentir «de la façon la plus catégorique qui soit» l’affirmation du directeur d’Il Giornale selon laquelle la note informative anonyme qui mettrait en cause Dino Boffo proviendrait du Vatican.

Dans l’après-midi du 3 septembre, L’Osservatore Romano a fait le choix de publier – sans commentaire – le message diffusé par la CEI pour annoncer la démission de Dino Boffo. Son président, le cardinal Angelo Bagnasco, y prenait «acte avec regret de la démission irrévocable» du directeur d’Avvenire, en exprimant «son estime inaltérée envers sa personne, qui a fait l’objet d’une attaque médiatique inqualifiable».

«Un montage diaboliquement échafaudé»

Radio Vatican a en outre diffusé des extraits de la lettre de démission envoyée par Dino Boffo au cardinal Bagnasco, aux accents parfois dramatiques. «Je ne peux accepter qu’une guerre des mots se poursuive encore pendant des jours sur mon nom, secouant ma famille et déconcertant de plus en plus les Italiens», y affirmait ainsi le directeur démissionnaire du quotidien des évêques. «Ma vie et celle de ma famille (…) ont fait l’objet de violences avec une volonté sacrilège que je n’aurais jamais imaginée», lançait alors Dino Boffo dans sa lettre. Et de dénoncer «un montage colossal romancé, diaboliquement échafaudé».

Dans l’après-midi, les déclarations de soutien envers Dino Boffo se multipliaient, l’opposition italienne faisant de cette affaire le symptôme d’une politique agressive de Silvio Berlusconi vis-à-vis des médias. (apic/imedia/cp/bb)

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